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Les Français pas encore prêts à passer à la voiture électrique

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La vision des francais sur les voitures electriques

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Sommaire de l’article

En pleine période de prise de conscience écologique des esprits et alors que la loi Climat a été promulguée en France tout comme le « Pacte vert » au niveau européen, on pourrait penser que les automobilistes français sont prêts à foncer vers les voitures électriques. Mais comme le montre le tout dernier baromètre des mobilités électriques publié par l’IFOP, ce n’est pas si simple : l’électrique peine à s’imposer. Voici les quatre grandes tendances de ce sondage très riche en enseignements.

1 :   Les Français valident la disparition du moteur thermique d’ici 2040

Rappelons-le : le « Pacte Vert » voté par la Commission européenne a pour objectif de rendre l’Europe neutre en carbone d’ici 2050. Axé sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le Pacte Vert impose la transformation de plusieurs secteurs. C’est le cas de l’industrie automobile avec une feuille de route claire et précise : la fin des ventes de voitures à moteurs thermiques en 2035.

Selon de le baromètre de l’IFOP, les Français semblent bien avoir pris conscience de cet ultimatum : 66% anticipent en effet la disparition des véhicules thermiques de la circulation d’ici 2040. En ce qui concerne les moyens de transport qui constituent l’avenir de la mobilité quotidienne, 4 français sur 10 citent d’abord la voiture hybride, un tiers la voiture électrique. La voiture thermique arrive en quatrième position, après le vélo.

Néanmoins, un Français sur deux achèterait encore aujourd’hui un véhicule à moteur thermique s’il devait changer de voiture dans l’année.

Une motivation surtout économique

Au demeurant, comme le montre l’IFOP, les motivations des Français pour abandonner la voiture thermique sont davantage d’ordre économique qu’écologique. Quand on leur demande « quelles sont les raisons qui les pousseraient à abandonner leur voiture thermique pour un véhicule électrique ? », ils répondent en premier le « tarif des carburants » (40%), bien devant les « raisons écologiques et environnementales » (30%).

A noter que pour faire face à cette transformation du parc automobile, plus de la moitié des français jugent que « les constructeurs français sont bien placés pour devenir des champions de la production de véhicules électriques » (53%).

2 : En attendant, les Français restent attachés à leur « bon vieux moteur »

C’est peut-être la plus grande surprise de Baromètre des mobilités électriques : les Français restent attachés aux véhicules à moteur thermique et en ont même une image positive, même s’ils anticipent leur disparition à moyen terme.  En effet, sur un total de 20 moyens de locomotion testés, la voiture à essence se classe en 4ème position (79% de « bonne image »), loin devant le véhicule électrique (en 16ème position avec 56% d’image positive).

Bien sûr, cette perception s’explique « par l’usage quotidien qu’ont font les Français ». En clair, la « vraie » vie : la voiture thermique, à essence ou diesel, est le premier mode de transport des Français. Sans surprise, pour 64% des Français, la voiture à moteur thermique est le premier moyen de transport pour leurs déplacements quotidiens, loin devant la marche à pied (16%), les transports en commun (9%) ou le vélo (4%).

« Des voitures de bobos ! »

Pour son enquête, l’IFOP a demandé aux Français comment ils percevaient la voiture électrique. Les réponses sont assez intéressantes. Pour définir les voitures électriques aujourd’hui, les personnes interrogées associent des notions majoritairement négatives : les qualificatifs « cher », « contraignant », « bobo », « gadget », « m’as-tu-vu », apparaissent dans le top 10 les plus cités…

Parmi les freins à l’achat d’une voiture électrique, ils citent la faible autonomie des batteries (89%), le coût d’achat et de fonctionnement (87%), ainsi que le manque de bornes de recharges (87%). Plus étonnant, un Français sur cinq avoue qu’il aurait « le sentiment d’être ridicule en conduisant une voiture électrique » (19%).

Moins anecdotique, un Français sur deux reste partagé sur le fait que la voiture électrique soit meilleure pour l’environnement que la voiture à moteur thermique. Enfin, une écrasante majorité d’entre nous estime qu’il existe « une pression sociale (médiatique, politique, familiale…) pour faire changer de moyens de locomotion aux conducteurs de voitures thermiques. »

3 : Les mobilités électriques sont d’abord l’affaire des citadins

Au demeurant, il n’est pas étonnant de constater que les ruraux et les habitants des communautés urbaines de province ont une bien meilleure image de la voiture à moteur thermique (essence ou diesel) que les habitants de l’agglomération parisienne.

En effet, selon le Baromètre de l’IFOP, 78% des habitants des communes rurales ont une bonne image des voitures à moteur diesel (et 36% une « très bonne image »), et 84% pour les voitures à moteur essence. Pour ce qui est de la voiture électrique, seulement 50% des habitants des communes rurales disent en avoir une bonne image (contre 60% des habitants de l’agglomération parisienne). Ils sont même deux fois plus nombreux à en avoir une « très mauvaise image ».

Réglementer les centres-villes ? Doucement…

Alors que de nombreuses villes interdisent les voitures dans certaines rues, voire dans certains quartiers, les Français semblent vouloir y aller pas à pas. Seulement 30% des Français sont d’accord pour affirmer qu’il faut interdire les véhicules thermiques dans le centre-ville des grandes villes. Là encore, les citadins qui sont confrontés à la circulation au quotidien y sont évidemment bien plus favorables.

4 : Mobilités : les pouvoirs publics et les entreprises d’abord

Pour une majorité de Français, ce n’est pas uniquement en passant à la voiture électrique que l’on va réduire de manière significative l’empreinte carbone. Il faut d’abord « ne plus acheter de produits venant de l’étranger » (40% se disent prêts à le faire pour réduire leur empreinte carbone), « baisser le chauffage de quelques degrés l’hiver » (35%), « se déplacer à pied ou à vélo au quotidien » (28%), « arrêter de prendre l’avion » (19%). Malgré tout, 86% des Français ont conscience que la France doit absolument réduire ses émissions de CO2. Pour ce faire, ils identifient deux acteurs majeurs dans la transition vers les mobilités électriques et alternatives : les pouvoirs publics et les entreprises.

Une priorité nationale

Pour 41% des Français, en effet, les pouvoirs publics devraient faire de la voiture électrique une priorité nationale. L’IFOP observe sur ces thématiques un véritable clivage générationnel : 58 % des moins de 35 ans affirment qu’ils pourraient être incités à voter pour un candidat à la prochaine élection présidentielle qui soutient les mobilités à faible émission de CO2 ; ils sont presque trois fois plus nombreux dans ce cas que les plus de 65 ans.

Par ailleurs, 57% des Français pensent que leur ville doit passer au tout-électrique pour les mobilités – ramassage scolaire, récolte des déchets, transports en commun…-. Mais seuls 77% d’entre eux jugent que les infrastructures publiques ne sont pas adaptées aux mobilités électriques dans leur ville.

Les entreprises doivent participer

Les Français sont favorables à une contribution de leur entreprise pour les aider à passer aux mobilités douces ou électriques. 85% des Français sont d’accord pour dire que « les entreprises devraient installer des bornes de rechargement pour voitures électriques sur leurs parkings », 76% pour « limiter le nombre de déplacements professionnels de leurs salariés » et 64% pour « changer leur flotte automobile thermique pour une flotte automobile électrique ».

Anne-Charlotte Laugier, journaliste, blogueuse et romancière (Ramsay).