1er février 2021 : le prix des péages augmente

Hausse du prix des péages pour les automobilistes au 1er Février 2021. Et ce, malgré les temps de crise. C’est la conséquence de l’application des contrats de concession signés entre l’Etat et les sociétés d’autoroutes. Sur le réseau ASF (Autoroutes du sud de la France), géré par Vinci Autoroutes, la hausse est de 0,54 % cette année contre 0,96 % le 1er février 2020. Explications.

péages

Le rituel est bien huilé. Chaque année, au 1er février, les automobilistes paient plus cher aux péagesEn 2018, cette mesure avait suscité la colère des gilets jaunes. Et cette année, ceux qui rêvent d’un gel des prix dans ce contexte particulier de crise économique, risquent d’être déçus. L’idée d’un nouveau gel des tarifs a été écarté. Car il s’agit d’en rattraper des forts anciens ! Une hausse, même légère, interviendra donc sur nos autoroutes dès aujourd’hui. 

Une hausse du prix des péages mal accueillie

Les automobilistes digèrent mal cette hausse du prix aux péages depuis la publication d’un rapport du Sénat publié fin 2020. Ce rapport dévoile les profits engrangés par les sociétés d’autoroute. En effet, pour deux sociétés autoroutières (APRR et AREA), qui font partie du consortium Eiffarie (filiale d’Eiffage), le rapport évoque une rentabilité hors normes. Autre souci : la durée de concession trop longue. Selon la commission d’enquête, la rentabilité serait atteinte autour de 2022 pour Vinci et Eiffage, alors que leurs contrats prendront fin entre 2032 et 2036. Autrement dit, la durée de ces concessions serait trop longue d’environ dix années, décrit le rapport. Une première depuis sa création en 2009, le Comité des usagers du réseau routier national s’est opposé à ces hausses. Cet organe chargé de défendre les intérêts des automobilistes et composé de représentants de l’administration, des transporteurs, des automobilistes et d’associations de protection de l’environnement, a un rôle uniquement consultatif. L’association « 40 Millions d’Automobilistes » dénonce également, depuis des années, les bénéfices colossaux ou, « superprofits » qui sont dégagés par les SCA. 

Compensation du PIA

Suite au financement du Plan d’Investissement Autoroutier (PIA) signé en 2018, il s’agit de compenser avec l’augmentation du prix des péages . Ce plan qui comporte des chantiers pour « améliorer notamment la sécurité, la fluidité et mettre en place des dispositifs de protection de l’environnement. » a un coût. A éponger.

Rattrapage du gel des tarifs

Les automobilistes doivent également continuer à payer le rattrapage du gel des tarifs datant de 2015 par la ministre de l’environnement de l’époque, Ségolène Royal. Le gouvernement avait négocié un blocage des tarifs, rapidement dénoncé par les sociétés d’autoroutes qui avaient alors exigé un rattrapage obligatoire entre 2019 et 2023…

Cet aspect, qui pèse pour + 0,25 % cette année, permet de comprendre pourquoi l’actuel gouvernement a vite écarté l’idée d’un nouveau gel des tarifs, même au moment de la crise des gilets jaunes. En revanche, suite à cette contestation, sous pression du gouvernement, les sociétés d’autoroutes ont développé des formules de réduction sur les trajets réguliers domicile-travail (- 30 %).

Compensation de la baisse de la circulation impossible avec la hausse du prix des péages.

En revanche, et c’est une bonne nouvelle, il n’y a aucune possibilité pour les sociétés de pratiquer une hausse du prix des péages afin de compenser la chute de la circulation en 2020 liés aux différents confinements. Et même si Sanef indique que le trafic sur son réseau a baissé de 25 %, la perte de la société ne pourra être rattrapé en invoquant ce motif.

Les hausses seront donc très faibles cette année : entre 0,2 et 0,65 % selon les réseaux. Un chiffre au plus bas depuis vingt ans. Sanef souligne d’ailleurs que plus de 60 % de ses tarifs ne connaîtront pas d’augmentation.

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