Actualité Auto

Le marché des voitures électriques gagne du terrain

L’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA) qui réunit les 16 principaux constructeurs européens de voitures publie les résultats d’immatriculations des voitures particulières en Europe au premier trimestre 2022. Sans surprise, ils sont globalement en baisse (-12,3% sur un an), à cause notamment de la pénurie des semi-conducteurs. Mais à y regarder de plus près, on observe que la part de marché des voitures électriques, hybrides et essences a augmenté. Le marché de l’automobile est en pleine mutation.

etude-acea

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Sommaire de l’article

Les voitures diesel en grande difficulté

Rien de na va plus pour les voitures diesel. Selon l’Association des constructeurs européens d’automobiles, la chute se poursuit : en effet, les immatriculations de voitures diesel dans l’Union Européenne ont poursuivi leur trajectoire descendante de janvier à mars 2022, avec une baisse qui atteint -33,2 %, soit 378 009 unités. 

Au demeurant, la part de marché des voitures roulant au gasoil a diminué de 5,3 points de pourcentage par rapport au premier trimestre 2021. Tous les pays européens subissent cette baisse, en particulier la France (-44,1 %), l’Italie (-39,2 %), l’Espagne (-30,8 %) et l’Allemagne (-20,2 %).

Les voitures électriques cartonnent

Si les chiffres de vente de voitures diesel sont au plus bas, ceux des véhicules électriques et hybrides vont beaucoup mieux. Au premier trimestre de cette année, en effet, la part de marché des véhicules électriques hybrides a représenté 25,1 % des ventes totales de voitures particulières dans l’Union européenne, alors qu’elle était de 20,9 % au premier trimestre 2021.

Même résultat positif pour les voitures électriques dont les ventes ont explosé au cours des trois premiers mois de l’année : un bond de 53,4 %, soit 224 145 voitures vendues. C’est la Roumanie qui affiche la plus forte croissance (+408 %), suivie de l’Espagne (+110,3 %), de la France (+42,7 %) et de l’Allemagne (+29,3 %).  « Les véhicules électriques à batterie ont presque doublé leur part de marché par rapport à la même période l’an dernier – représentant désormais 10,0 % de toutes les ventes – dépassant les hybrides rechargeables, qui représentent 8,9 % du marché de l’UE », souligne l’ACEA. 

Les véhicules hybride stagnent

Selon les données de l’ACEA, les immatriculations de véhicules électriques hybrides rechargeables (PHEV) ont pour leur part reculé de 5,3 % sur le marché européen lors du premier trimestre de l’année 2022. Cela ne les a pas empêchés d’accroître leur part de marché globale, profitant de la baisse des ventes de voitures à essence et diesel. 

Tous les pays de l’Union européenne ne sont pas logés à la même enseigne : l’Allemagne et la France ont enregistré des baisses (-13,2 % et -6,1 % respectivement), contrairement à l’Espagne et l’Italie qui ont enregistré une belle croissance (+46,3 % et +18,9 % respectivement).

En termes de volume de ventes dans l’Union européenne, les véhicules électriques hybrides (HEV) restent le type de carburant le plus courant, après l’essence, avec une augmentation de 5,3%, soit 563 030 véhicules vendus au premier trimestre 2022.

Les motorisations alternatives en forme

Si les ventes de véhicules au gaz naturel (GNV) qui reposent principalement sur le marché italien ont poursuivi leur baisse, (-56,0 %), les véhicules fonctionnant au GPL ont connu une très belle croissance (+48,6%), avec 67 717 voitures immatriculées en Europe. « Cette augmentation est principalement due à des gains en pourcentage à deux, voire à trois chiffres sur les quatre marchés clés : l’Allemagne (+287,7 %), la France (+76,6 %), l’Espagne (+41,5 %) et l’Italie (+17,3) », explique l’Association des constructeurs européens d’automobiles.

Le carburant fossile néanmoins toujours majoritaire

A noter que les véhicules diesel et essence ont certes continué à perdre des parts de marché, mais tout de même, les immatriculations de voitures traditionnelles à carburant fossile dominent toujours le marché, avec une part combinée de 52,8 %.

Par ailleurs, si la part de marché des voitures à essence s’est considérablement contractée au cours de la même période, passant de 40,8 % à 36,0 %, ces dernières restent les plus prisées en termes de volumes (808 039 unités).

Investir dans les infrastructures pour les voitures électriques

Les chiffres de l’ACEA illustrent bien cette grande tendance : les voitures de demain seront électriques ou au moins hybrides rechargeables. Très bien. Mais dans ce cas, les infrastructures doivent suivre le mouvement. Et visiblement, il y a du retard à l’allumage.

Les constructeurs sont inquiets et le font savoir : « l’industrie automobile met déjà sur le marché des centaines de modèles de véhicules à émissions faibles ou nulles, mais s’inquiète sérieusement de la lenteur du déploiement de l’infrastructure nécessaire pour recharger et faire le plein de ces véhicules ». 

L’ACEA rappelle que les ventes de voitures rechargeables électriquement ont été multipliées par 10 au cours des cinq dernières années, atteignant 1,7 million, alors que le nombre de bornes de recharge publiques dans l’Union européenne n’a été multiplié que par 2,5 au cours de la même période.

La Commission européenne pas assez ambitieuse

L’Association des constructeurs européens d’automobiles s’appuie sur une récente étude du cabinet McKinsey qui indique que près de 7 millions de bornes de recharge publiques seraient nécessaires dans l’UE d’ici 2030 pour atteindre la réduction de CO2 proposée de 55 % pour les voitures particulières. « Or, s’inquiète l’Acea, ce chiffre est presque le double de celui avancé par la Commission européenne dans sa proposition de règlement sur les infrastructures pour les carburants alternatifs (AFIR), actuellement en cours de négociation au Parlement européen et au Conseil. »

Concrètement, il faudrait que 14 000 bornes de recharge publiques soient installées chaque semaine dans toute l’Union européenne, contre moins de 2 000 par semaine actuellement… Le PDG de BMW, Olivier Zipse, insiste : « Le principal défi consiste maintenant à convaincre tous les États membres d’accélérer le déploiement de l’infrastructure requise. 

Nous avons absolument besoin d’une conclusion ambitieuse de la proposition AFIR, tant en termes de calendrier que d’objectifs qu’elle fixe pour chaque pays de l’Union européenne ».

Pour l’Acea, le problème n’est pas le coût, mais la volonté. Car même si des investissements importants sont bien sûr nécessaires au départ, « ils ne représentent qu’une fraction des investissements totaux dans des projets d’infrastructure comparables – et apporteraient d’énormes avantages environnementaux. 

En effet, le nouveau document de recherche estime les coûts annuels des infrastructures de recharge publiques à 8 milliards d’euros, soit environ 16 % des investissements dans la 5G et les réseaux Internet à haut débit. »

Anne-Charlotte Laugier, journaliste, blogueuse et romancière (Ramsay).