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Le diesel d’occasion n’a pas dit son dernier mot

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Les voitures neuves tournent de moins en moins au diesel. Les véhicules d’occasion, en revanche, s’achètent et se vendent encore très facilement avec ce carburant. D’après de récents résultats, un peu plus d’un automobiliste sur cinq se laisse encore tenter par des modèles carburant au gazole.

le diesel n'a pas dit son dernier mot

Le diesel d’occasion toujours dans la place

Les ventes de véhicules diesel restent importantes. Entre janvier et septembre 2020, les voitures diesel d’occasion ont encore représenté 22 % des immatriculations de voitures neuves en France, soit 1 505 unités par jour.

Des chiffres qui, même s’ils ont tendance à baisser, restent spectaculaires. Car depuis l’épisode du Dieselgate de Volkswagen et des émissions truquées, l’Europe a débuté une sévère chasse au diesel. Ce dernier est de plus en plus souvent banni des grandes villes. Mais l’argument d’achat demeure toujours d’actualité : une voiture tournant au diesel offre toujours aux automobilistes un budget carburant réduit.

De plus, les diesels modernes, à la fois sobres et performants, ont un excellent rendement énergétique. Inutile de grimper dans les tours : le couple moteur est important et au volant, la souplesse de conduite est au rendez-vous.

Les 6 cylindres diesel, confortables et puissants, font le bonheur des grands rouleurs. Et si les restrictions à venir vont forcément changer la donne, la technologie diesel n’est pas encore tout à fait morte. Un salut qui vient en partie du marché de l’occasion.

Le diesel n’a pas dit son dernier mot

Certes, en 2016, les ventes de véhicules diesel représentaient un peu plus du double : 52 %. Mais aujourd’hui encore, un acheteur sur cinq réclame une motorisation diesel. Et ce malgré les injonctions écologiques qui leur reproche leur fort rejet de CO2.

Les particuliers qui parcourent beaucoup de kilomètres préfèrent encore une auto au mazout. Idem pour les entreprises qui garnissent leur flotte de modèles diesel qui ont toujours l’avantage d’offrir une consommation modérée, encore inférieure à la plupart des hybrides, et donc d’un bon bilan CO2 moindre. 

¼ des ventes chez Peugeot

Et si Peugeot, par exemple, ne préfère pas communiquer sur le sujet, préférant mettre ses modèles hybrides et électriques au premier plan, ses Peugeot 2008 les plus vendus pourtant depuis le début de l’année 2020 carburent au diesel ((41%).

Un chiffre qui grimpe à 42,5 % sur la Peugeot 508, berline familiale par excellence. Et qui monte à 50% sur le SUV 3008 et le SUV familial 5008 diesel. La culture diesel existe donc encore et les ventes restent conséquentes.

Chez Citroën également, la C4 séduit encore énormément en BlueHDi. Idem du côté de Dacia dont les Duster s’écoulent à 62% en version DCi. Sachant que la marque est composée à 85% de particuliers.

Côté premium, le diesel n’est pas encore mort non plus. BMW, en pleine mutation électrique, vient quand même d’annoncer la déclinaison de sa Série 4 cabriolet en M440d xDrive, un engin de 340 ch tournant au diesel. 

Marché de l’occasion : le gazole toujours très recherché

Sur le site Vivacar, les requêtes concernant le diesel continuent à battre leur plein quand il s’agit d’acheter une voiture de seconde main. Il n’y a donc pas de rejet radical du diesel de la part des clients. Et le gazole ne déclinera que de façon très progressive.

D’autant plus que les constructeurs n’ont pas complètement lâché cette motorisation pour élaborer de nouveaux modèles. Car lorsque l’on roule beaucoup et que l’on n’a pas le temps de s’arrêter longtemps et fréquemment, le diesel reste encore une solution pratique et facile.

L’aspect casse-tête pour choisir un véhicule hybride, hybride rechargeable ou électrique fait également du tort à ces technologies face à une motorisation connue et longuement éprouvée. Même s’il reste le champion des émissions de CO2, le diesel a donc encore de belles années devant lui, notamment sur le marché de l’occasion qui reste son meilleur terrain de jeu. 

15 ans de sursis

Au début de l’été 2021, la Commission européenne a enfoncé le clou de façon brutale en décrétant la fin de la commercialisation des véhicules thermiques neufs à partir de 2035 (soit cinq avant l’échéance qui avait été établie précédemment).

Ce couperet laisse néanmoins au diesel quelques beaux jours devant lui. Car seul le marché du neuf étant concerné, toutes les voitures et utilitaires diesel achetés avant 2035 trouveront ensuite un second souffle sur le marché de la seconde main.

D’où sûrement 15 à 20 ans de sursis avant de tirer définitivement leur révérence. Et de nombreux gros rouleurs, réticents vis-à-vis des voitures électriques qu’ils trouvent trop chères et contraignantes, organisent déjà la résistance. Les clients sont encore très nombreux à jeter leur dévolu sur des véhicules diesel (55 % du total des ventes de véhicules d’occasion en juillet 2021), encore rutilants et fraîchement débarqués sur le marché de l’occasion.

Un marché de seconde main terriblement dynamique et porteur, où il s’écoule depuis le début 2021 entre deux et trois fois plus de modèles que sur le segment du neuf.

3 raisons de rouler au diesel

Même s’il est de plus en plus fréquemment chassé des centres-villes, et que les ZFE (Zones à faibles émissions) risquent de lui jouer des tours, le gazoil montre des avantages que d’autres motorisations ne peuvent encore égaler.

A commencer par le fait qu’au-delà de 20 000 km à l’année, l’intérêt financier du diesel est bien réel. Grâce à ses faibles consommations et son coût légèrement moins élevé que celui de l’essence à la pompe, le diesel peut permettre de traverser la France en diagonale sans escale. Sur l’autoroute, c’est l’inverse des autos électriques dont l’autonomie chute rapidement.

Autre atout du diesel : grâce à son couple élevé, il peut tracter une caravane ou une lourde remorque. Sur l’autoroute notamment, une voiture électrique pouvant tracter (homologation à vérifier) diminue encore radicalement son autonomie avec une remorque dans le dos. Alors qu’un véhicule diesel n’en pâtit guère.

Enfin, lorsqu’il s’agit de faire du franchissement tout terrain, là encore le diesel montre tout son intérêt. Son couple permet une fois encore de faciliter l’évolution dans la pampa : la force du moteur qui se doit d’être puissante à bas régime, favorise largement la motricité.

Un 4×4 diesel ne patine pas et, contrairement à une auto électrique qui ne peut escalader longtemps, peut permettre une longue excursion voire du franchissement en compétition.   

Auteur-Charlotte-Laugier-bloggeuse-automobile
Anne-Charlotte Laugier, journaliste, blogueuse et romancière (Ramsay)