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L’Accord automobile COP26, vraiment historique ?

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Plus de 30 gouvernements nationaux, villes, États et grandes entreprises ont signé la déclaration de Glasgow, le 13 novembre dernier, sur les voitures et les fourgonnettes à émission zéro, afin de mettre fin à la vente de moteurs à combustion interne d’ici 2035 sur les principaux marchés. De quoi s’agit-il exactement ? Pourquoi les principaux constructeurs, dont les français, n’ont pas signé cet accord ?

Accord automobile COP26

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Le secteur des transports est responsable d’environ un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) qui rappelle que les émissions du secteur ont plus que doublé depuis 1970, avec environ 80% de l’augmentation causée par les véhicules routiers.

La plupart des constructeurs automobiles a bien sûr pris conscience de cette situation en projetant la fin des voitures à moteur thermique dans les prochaines années au bénéfice des voitures à moteur électrique.

Le sommet de l’ONU sur le climat qui s’est tenu début novembre à Glasgow s’emparait donc pour la première fois du sujet des transports. Lors de cette COP26, de nombreux gouvernements nationaux, villes, États et grandes entreprises ont en effet signé la « Déclaration de Glasgow sur les voitures et camionnettes à zéro émission pour mettre fin à la vente de moteurs à combustion interne d’ici 2035 sur les principaux marchés dans le monde »

Les 8 engagements de la déclaration

Les gouvernements de 30 pays, ceux de huit régions, onze constructeurs – Véhicules électriques Avera, BYD Auto, Etrio Automobiles Private Limited Ford Motor Company, Gayam Motor Works, General Motors, Jaguar Land Rover, Mercedes-Benz, MOBI, Moteurs quantiques, Voitures Volvo – et une vingtaine de gestionnaires de flottes s’engagent à accélérer rapidement la transition vers des véhicules à zéro émission pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Ils promettent de travailler « ensemble pour que toutes les ventes de voitures et de fourgonnettes neuves soient à zéro émission dans le monde d’ici 2040, et au plus tard en 2035 sur les principaux marchés ».

« 1. En tant que gouvernements, nous travaillerons pour que toutes les ventes de voitures et de camionnettes neuves soient à zéro émission d’ici 2040 ou avant, ou au plus tard en 2035 sur les principaux marchés. »

« 2. En tant que gouvernements des marchés émergents et des économies en développement, nous travaillerons intensément pour accélérer la prolifération et l’adoption de véhicules à zéro émission. Nous appelons tous les pays développés à renforcer la collaboration et l’offre de soutien international pour faciliter une transition mondiale, équitable et juste. »

« 3. En tant que villes, États et gouvernements régionaux, nous travaillerons à la conversion de nos flottes de voitures et de fourgonnettes en propriété ou en location en véhicules zéro émission d’ici 2035 au plus tard, ainsi qu’à la mise en place de politiques qui permettront, accéléreront ou inciteront autrement la transition vers des véhicules zéro émission dans les plus brefs délais, dans la mesure du possible compte tenu de nos pouvoirs juridictionnels. »

« 4. En tant que constructeurs automobiles, nous nous efforcerons d’atteindre 100 % de ventes de voitures neuves et de fourgonnettes zéro émission sur les principaux marchés d’ici 2035 ou avant, soutenus par une stratégie commerciale conforme à la réalisation de cette ambition, tout en contribuant à renforcer la demande des clients. »

« 5. En tant que propriétaires et exploitants de flottes professionnelles, ou de plateformes de mobilité partagée, nous nous efforcerons de faire en sorte que 100 % de nos flottes de voitures et de camionnettes soient des véhicules à zéro émission d’ici 2030, ou plus tôt là où les marchés le permettent. »

« 6. En tant qu’investisseurs détenant des participations importantes dans des constructeurs automobiles, nous soutiendrons une transition accélérée vers des véhicules à zéro émission en ligne avec l’atteinte de 100 % de ventes de voitures neuves et de fourgonnettes zéro émission sur les principaux marchés d’ici 2035. Nous fournirons un engagement proactif et une escalade de ces problèmes avec les sociétés émettrices, couplés à l’encouragement de toutes nos participations à décarboner leurs flottes conformément aux objectifs scientifiques. »

« 7. En tant qu’institutions financières, nous confirmons notre soutien à une transition accélérée vers des véhicules à zéro émission en ligne avec l’atteinte de 100 % de ventes de voitures neuves et de fourgonnettes à zéro émission sur les principaux marchés d’ici 2035, soutenus par la mise à disposition de capitaux et de produits financiers pour permettre cette transition pour les consommateurs, les entreprises, les infrastructures de recharge et les fabricants. »

« 8. Comme d’autres signataires, nous soutenons une transition accélérée vers des véhicules à zéro émission afin d’atteindre 100 % des ventes de voitures neuves et de fourgonnettes à zéro émission sur les principaux marchés d’ici 2035. »

Accord Automobile Cop26 : douche écossaise ?

Si Ford, General Motors, Volvo, Mercedes-Benz, BYD et Jaguar Land Rover ont bien signé l’accord de Glasgow, la plupart des géants a préféré botter en touche. Non pas que Volkswagen, Toyota, Stellantis ou Renault-Nissan-Mitsubishi soient insensibles aux problématiques environnementales, au contraire si on en juge par leurs engagements respectifs à sortir du moteur atmosphérique dans les prochaines années, mais ces géants n’entendent tout simplement pas se laisser imposer un calendrier.

Chacun veut avancer à son rythme. Renault veut atteindre une part de 65% de véhicules électriques dans les quatre ans, Volkswagen promet que la moitié de ses voitures en vente d’ici 2030 seront 100% électriques. Quant au groupe Stellentis, il a déjà complètement abandonné le développement de ses moteurs atmosphériques pour ne se concentrer que sur l’électrique.

Au demeurant, même s’ils disent respecter la philosophie de l’accord automobile de la COP26, plusieurs gros constructeurs estiment qu’il existe plusieurs façons de de se diriger vers la neutralité carbone. C’est le cas de Toyota, récemment redevenu numéro un des ventes de voitures dans le monde, qui estime « qu’il faudra plus de temps pour installer et développer des infrastructures adaptées aux véhicules 100% électriques ou roulant à l’hydrogène ».