La vidéo-verbalisation en voie de généralisation

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Trois nouvelles infractions sont désormais verbalisables à distance, par le biais d’une caméra. Elle s’ajoutent à celles déjà autorisées depuis plusieurs mois. Elles sont 120 à l’utiliser. Autant de villes, plus ou moins grandes où le recours à des contractuels arrêtant les voitures n’est plus utile pour sanctionner les stationnements non acquittés, les voitures mal garées, l’usage du téléphone au volant, les stop ou les feux rouges grillés. Toutes ces petites infractions qui représentent la majeure partie des PV établis dans les zones urbaines. Ces 120 villes, de Roubaix à Perpignan en passant par Paris ont toutes mises en place un maillage plus ou moins serré de caméras vidéo surveillant jour et nuit la circulation. A Paris, une cinquantaine d’axes sont ainsi dans le viseur de 1 200 caméras et de la vingtaine d’agents, l’œil rivés à leurs écrans. Car la vidéo-verbaslisation n’a rien d’automatique. Les caméras sont dirigées par des policiers assermentés et une photo de l’infraction doit être prise et archivée pendant cinq ans en cas de litige. Toujours est-il que le fautif, repéré grâce à sa plaque d’immatriculation, se voit remettre son PV dans sa boite aux lettres cinq jours après l’infraction.

Trois nouvelles infractions au compteur

Mais si jusqu’à présent, les sanctions ne concernaient que les infractions citées plus haut, auxquelles il faut ajouter une spécialité très parisienne telle que l’emprunt des voies réservées aux bus par des automobilistes non autorisées, trois nouvelles infractions sont désormais punissables à distance.

Le refus de priorité aux piétons

Ainsi, un automobiliste ne s’arrêtant pas au niveau d’un passage clouté lorsqu’un piéton y est engagé risque une amende de 135 euros et un retrait de six points. En cas de récidive, le permis du récalcitrant peut même lui être purement et simplement retiré. Une mesure qui fait suite aux nombres de piétons tués au cours des derniers mois.

La fin des carrefours bloqués ?

Autre nouveau cas d’infraction : la vidéo peut dorénavant sanctionner un cas souvent rencontré dans les grandes villes : les automobiles qui s’engagent dans un carrefour déjà bloqué, ce qui a pour effet de le saturer totalement. Là encore, il en coûtera 135 euros.

Le sens interdit sanctionné

Dernière nouvelle mesure mise en place, et légalisée depuis le mois d’octobre : les voitures circulant en sens interdit seront désormais, et assez logiquement, vidéo-verbalisables. L’amende est la même que pour les deux autres nouvelles infractions. Elle s’élève à 135 euros, auxquels s’ajoutent un retrait de 4 points.

79 000 amendes à Paris

Ces trois nouvelles mesures ne devraient pas, dans tous les cas, faire baisser le nombre de PV dressés. Depuis le début de l’année, près de 79 000 amendes ont été dressées dans la seule capitale. Reste que, comme toute mesure nouvelle, celle-ci se doit de respecter quelques procédures, notamment l’information des automobilistes. Des panneaux doivent être posés dans les zones ainsi contrôlées et les avocats et les associations de défense des automobilistes tentent par tous les moyens légaux d’en découvrir les failles susceptibles de faire annuler les procédures.

Des caméras qui font polémique

Mais les associations, du type 40 millions de consommateurs, qui demande à ses adhérents de contester systématiquement tout PV ainsi établi, ne sont pas les seuls à remettre en cause ce système. Dans plusieurs villes de province ainsi équipées, les commerçants de centre-ville se plaignent de l’effet dévastateur du procédé auprès de leur clientèle. Car cette mesure arrive après une forte hausse des prix de stationnement constatés depuis le début de l’année. Et les professionnels redoutent une fuite vers les zones commerciales périphériques. Des lieux qui les privent de chiffres d’affaire depuis deux décennies, et qui, selon eux pourrait s’accélérer en raison de cette répression. Les automobilistes pourraient leur préférer ces lieux, certes moins charmants, mais ou le stationnement est gratuit. Des endroits où les caméras servent à la surveillance, pas à la verbalisation.