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La cote des diesel d’occasion chute

Alors que les voitures carburant au diesel représentaient 73% de la part de marché en 2012, elles sont passées à 30% seulement en 2020. Preuve que le public tourne le dos à ce carburant. Conséquence : les acheteurs de diesels d’occasion sont de moins en moins nombreux. 

diesel

C’est une tendance de fond. Elle a débuté avec l’affaire du dieselgate, pour se prolonger avec les restrictions imposées petit à petit dans toutes les grandes agglomérations mondiales. Depuis quelques années les constructeurs automobiles délaissent les diesels, se contentant de vendre des moteurs existants et renonçant à en développer de nouveaux. L’époque est à l’essence, à l’hybride et au tout électrique et le gazole est dans l’impasse, sur la planète comme en France. De grandes villes comme Marseille, Bordeaux, envisagent une interdiction du diesel d’ici 2026. Sur les 42 communes de plus de 100 000 habitants, 22 déclarent instaurer des dispositifs limitant l’accès aux véhicules les plus polluants. Depuis l’adoption de la loi d’orientation des mobilités en novembre 2019, les collectivités peuvent, en effet, instaurer des zones à faibles émissions (ZFE). Une ville peut ainsi tout à fait limiter l’accès d’une partie ou de l’intégralité d’un territoire aux voitures considérées comme les plus polluantes, en fonction de leur vignette Crit’Air. La ville de Paris confirme, quant à elle, l’interdiction de la circulation aux véhicules diesel en 2024, puis aux véhicules à essence en 2030.

Les autos diesel décotent plus vite que les essence

Preuve qu’il y a un renversement des tendances : une VW dotée d’un logo TDI, par exemple, décote désormais plus que celle avec une motorisation essence. Pas de doute : les valeurs de revente diesels d’occasion ont pris une sacrée claque depuis 5 ans et le décalage entre l’offre et la demande entraîne une chute des cours des autos diesel. Une mauvaise nouvelle pour les vendeurs professionnels et surtout pour les vendeurs particuliers, obligés de brader leurs modèles diesels, pour arriver à les vendre sur le marché de l’occasion. De bons plans se profilent, en revanche, pour les acheteurs. Et c’est sur le segment des citadines, plus nombreuses à déjà avoir délaissé le diesel, que les bonnes affaires se multiplient : la décote est de 50 % sur une Renault Clio 4 1.5 dCi 90 Intens de 4 ans, contre 43 % seulement pour une 0.9 TCe 90. Idem pour une Citroën C3 diesel 1.5 BlueHDI 100 Shine de 2 ans dont la décote est de 31%.  Même constat pour les compactes ou les SUV, catégorie où le diesel pouvait représenter plus de 90 % des immatriculations : la Volkswagen Golf 7 âgée de 2 ans, décote de 39 % (contre 32 % pour la version essence). La Peugeot 3008, autre star du marché du neuf et de l’occasion, obéit à la même tendance qui s’opère depuis 2017 : les cotes élevées des modèles diesels ne font que s’effriter. Leur valeur résiduelle au bout de 3-4 ans, fond comme neige au soleil.

Achat véhicule diesel d’occasion : bon plan pour les gros rouleurs

De l’autre côté du miroir, les acheteurs se réjouissent. Car le diesel a encore parfois un intérêt. Les gros rouleurs, habitant en province, et donc peu soumis aux restrictions de circulation, ou encore acheteurs de diesel parce qu’ils tractent souvent et ont besoin de couple, voient d’un bon œil la décote des modèles diesel. Car, à puissance équivalente avec une auto tournant à l’essence, les diesel restent les champions de la consommation. Plus vous parcourez de kilomètres, plus le gain en faveur du diesel est important. Niveau entretien, les moteurs essence qui ont gagné en technicité se montrent aussi onéreux que les diesel. Mais attention, le prix des pièces détachées, en revanche, est plus cher pour les diesels.