L’hydrogène : la rockstar des nouvelles énergies

L’hydrogène n’était pas une priorité dans l’automobile. Mais les temps changent : alors qu’un grand plan français sur l’hydrogène se profile, les acteurs tricolores de l’automobile plongent dans cette technologie qui, stratégiquement, a une énorme supériorité sur les batteries.

hydrogène

Michelin, Faurecia, Renault ou encore la nouvelle marque auto Hopium Machina… De nombreux acteurs français de l’automobile roulent soudainement à vive allure vers cette énergie du futur qu’est l’hydrogène. Il faut dire que les enjeux stratégiques sont énormes : les jeux mondiaux sont encore ouverts. Ce qui n’est plus le cas pour les batteries des véhicules électriques. Et même si les Asiatiques ont déjà une longueur d’avance dans cette technologie verte qui ne rejette que de l’eau, la France peut encore se placer sur ce marché du futur de l’hydrogène. Début Septembre, le gouvernement a dégainé un plan de relance de 7 milliards pour mettre sur roues une filière complète dans ce domaine. Début juin, l’Allemagne a annoncé un plan d’investissement de près de 10 milliards d’euros pour développer de l’hydrogène « vert », produit avec de l’électricité issue d’énergies renouvelables, à destination de ses industries lourdes et des transports. Car au-delà de la France, l’Europe a aussi un coup à jouer. 

Faurecia, à la pointe de l’hydrogène

Le gouvernement vient d’affirmer sa volonté de faire de la France « un pays de pointe sur l’hydrogène vert à horizon 2030 ». Objectif, zéro émission de COd’ici à 2037. La technologie de l’hydrogène sort de sa marginalité de manière stupéfiante. Les acteurs, de plus en plus nombreux, entrent en scène.  L’équipementier automobile Faurecia a justement inauguré cette semaine son centre d’expertise mondial dédié aux systèmes de stockage à hydrogène à Bavans (Doubs). Le site a déjà démarré la production de systèmes de stockage d’hydrogène destinés aux poids lourds. « Ce site unique illustre notre engagement d’être un leader de la mobilité zéro émission basée sur l’hydrogène, explique Patrick Koller, le DG de Faurecia. Grâce à l’innovation, l’industrialisation et la mise à l’échelle, le coût des systèmes de piles à combustible continuera de baisser de façon significative. Cela nous permettra de libérer tout le potentiel de cette technologie, parfaitement adaptée aux véhicules commerciaux et aux moteurs à très forte puissance. L’hydrogène est un élément clé de la transition énergétique et il accélérera la réalisation des objectifs urgents de durabilité ». Faurecia souhaite ainsi se positionner face à la perspective de 5 millions de véhicules à pile à combustible produits et un marché estimé à 20 milliards d’euros d’ici 2030.

20% de la demande énergique mondiale

L’hydrogène vert pourrait fournir près de 20 % de la demande énergétique mondiale d’ici 2050 et ainsi éliminer 6 gigatonnes d’émissions de CO2 chaque année. Les possibilités de production, de stockage et de transport de l’hydrogène représentent des avantages significatifs. D’abord, les systèmes à hydrogène n’utilisent pas de matériaux critiques – à l’exception du platine dont la teneur devrait rapidement être réduite à environ 20 grammes par 100kW. Ensuite, son excellente recyclabilité. Outre les avantages environnementaux de cette transition, la production d’hydrogène peut contribuer à réduire la dépendance à l’égard des chaînes mondiales d’approvisionnement en énergie.

Comment fonctionne l’hydrogène ?

L’hydrogène constitue donc à n’en pas douter une réelle alternative aux hydrocarbures pour sauvegarder la planète pour une raison simple : la pile à combustible ne rejette que de l’eau lorsqu’elle fonctionne. Comment ça marche ? C’est aussi simple a priori que l’expérience de l’électrolyse de l’eau que l’on a tous réalisée au lycée : grâce à une alimentation électrique continue, deux électrodes et une solution saline permet d’obtenir du dihydrogène et du dioxygène dans des tubes à essai. Pour la voiture, c’est pareil, mais à l’envers : on prend de l’hydrogène et de l’oxygène, on crée un courant électrique et on rejette de l’eau. 

Cependant, si la formule paraît plutôt simple, le développement de cette technologie l’est nettement moins. Pour l’instant, 96 % de la production mondiale d’hydrogène relâche du dioxyde de carbone. Par conséquent, le bilan carbone ne pourra être bon qu’à condition d’utiliser de l’électricité provenant de sources renouvelables, éolien et photovoltaïque notamment, lors des pics de production par exemple. Le prix de cet hydrogène dit « vert » est encore très élevé par rapport à celui provenant de ressources fossiles.

Néanmoins, les choses pourraient rapidement évoluer. La mise en place de réseaux de stations-service à hydrogène en France et dans plusieurs pays européens montre que cette technologie a tout l’avenir devant elle.

« Avec le « Green Deal » de 750 milliards d’euros de l’Union Européenne et l’investissement de 10 milliards d’euros du gouvernement allemand, tous les acteurs pourront ainsi intensifier leurs efforts et créer, ensemble, un solide réseau européen de l’hydrogène. Le moment est crucial et l’impératif environnemental visant à réduire les émissions est aligné avec l’incitation économique. « L’hydrogène peut à la fois alimenter la reprise économique, créer de nouveaux emplois et faire progresser les objectifs urgents de durabilité. Cette technologie constitue donc une excellente opportunité pour l’industrie de la mobilité », conclut Patrick Koller de Faurecia.

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