L’hybride rechargeable : la solution d’avenir ?

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Contraints de réduire drastiquement leurs émissions de C02, les constructeurs pourraient proposer massivement des moteurs mixtes essence-électricité. Une tendance encouragée par une étude de l’Ademe (agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie). La barre est haute. Dès 2021, les gammes de voitures de chaque constructeur ne devront pas dépasser le seuil de 95g/km en matière d’émissions de C02. Et moins de dix ans plus tard, ce seuil pourrait être divisé par deux, selon la volonté de Bruxelles. Pour y parvenir, chaque marque développe des véhicules électriques au taux d’émission zéro. Une manœuvre qui permet de polluer moins, mais aussi de rester dans les clous du seuil d’émission, puisqu’il est calculé sur l’ensemble du catalogue d’une marque. Reste à vendre ces fameuses voitures électriques. Car le système se heurte à des réticences des consommateurs. En raison, notamment, de son autonomie réduite. Pour y remédier, la solution la plus unanimement adoptée pourrait déboucher sur une généralisation des motorisations hybrides, et plus spécialement des modèles rechargeables, permettant de rouler en mode tout électrique au quotidien, et en mode thermique pour les longues distances.

Un modèle encouragé par les services publics

Cette solution a trouvé un appui en France puisque l’Ademe, agence gouvernementale, reconnait, dans une étude qui vient de paraître, que non seulement le tout électrique ne saurait se généraliser, mais que « les véhicules hybrides rechargeables possèdent tous les atouts pour réduire la pollution », toujours à moyen terme. Un choix de raison puisque, les autos dont l’énergie repose sur leurs seules batteries sont lourdes, que leur autonomie est pour l’instant limitée, et qu’elles coûtent trop cher pour que l’ensemble de la population puisse basculer vers ce mode de transport.

Les limites de l’hybride rechargeable

Ce système de batteries électriques secondé par un moteur thermique a les faveurs de l’Ademe pour une raison précise : il permet de rouler, entre 20 et 50km sans émettre le moindre gramme de C02. En le rechargeant en quelques heures chez soi, ou sur une borne publique, il est donc possible, pour la plupart des Français, d’effectuer leur trajet quotidien sans polluer. Et d’avoir recours au système thermique classique lors des trajets plus longs, à l’occasion des vacances et des week-ends. Une solution attractive. Sauf qu’elle coûte cher. Une compacte hybride rechargeable, telle que la VW Golf GTE, coûte près de 40 000 euros, soit 10 000 euros de plus que la même voiture, munie d’un bloc diesel ou essence. En outre, lorsque ces engins roulent en mode thermique uniquement, leur consommation peut s’avérer élevée.

La solution hybride classique

Reste une autre possibilité offerte aujourd’hui, et bien moins onéreuse : l’hybride classique. Le système électricité-thermique fonctionne de manière continue, le premier aidant le second. Les possibilités de rouler en mode électrique sont très limitées mais la consommation de ces engins est très peu élevée. Et les voitures de ce type sont beaucoup moins chères que les rechargeables. Une Toyota hybride, compacte comme la Golf GTE, s’affiche à 28 650 euros dans sa finition haut de gamme. Et sa consommation s’élève, en moyenne, à 4L/100km.

Un avenir tout électrique

Reste que rechargeable ou non, l’hybride ne devrait être, dans la décennie à venir, qu’un système de transition avant le basculement total vers le tout électrique. Dans ce domaine, les recherches avancent très vite. De nouvelles batteries commencent à voir le jour dans les laboratoires. Sans exploiter de lithium et des terres rares. Surtout, les futures batteries à super-condensateurs se rechargeront quasi instantanément et pourraient attendre, dans un futur pas si éloigné, une autonomie de 800km. L’autre option sérieusement envisagée par les constructeurs, toujours avec des moteurs électriques, consiste à fournir l’énergie nécessaire par le biais de l’hydrogène. Quel que soit le gagnant, l’avenir du moteur thermique est sérieusement compromis.