Femmes en F1 : le programme « Girls on Track »

Féminiser le sport auto et voir un jour une femme en Formule 1. Tel est l’objectif du programme de détection « Girls on Track » lancé depuis 2018 auprès de jeunes femmes âgées de 8 à 18 ans.

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Ca fera bientôt 50 ans que l’on n’a pas revu une pilote femme sur la grille officielle d’un Grand Prix de F1. Le sport automobile est théoriquement mixte mais les filles demeurent sous-représentées, sinon absentes, parmi les compétiteurs, mais aussi le personnel des équipes et les spectateurs. La dernière pilote féminine à avoir disputé une course de F1 : Lella Lombardi. Grâce à sa sixième place lors du Grand Prix d’Espagne en 1975, elle est devenue la seule femme à être classée au championnat du monde de Formule 1. La « Tigresse de Turin » ne fut pas la seule à tenir le « cerceau », mais elle fut la seule à avoir des points comptabilisés au Palmarès du championnat du monde. Depuis, les grilles de départ de la catégorie reine du sport auto sont désertées par les femmes. Heureusement, des initiatives concrètes ont été mises en place pour pulvériser ce plafond de verre qui empêche les pilotes féminines de s’inscrire dans cette discipline exigeante où il faut jouer des coudes avec des pilotes extrêmement puissants comme Hamilton ou Verstappen. L’exigence extrême des tracés des Grands Prix ont, jusqu’à présent, raison de la combativité des pilotes féminines encore trop peu nombreuses à pratiquer le Kart et à passer par la F3 avant de parvenir à prendre les commandes d’une F1. 

F1 : vers plus d’équité hommes/femmes

Conscients ou inconscients, les obstacles pour les femmes qui veulent un jour accéder au cercle très privé de la Formule 1, sont nombreux. Michèle Mouton, l’une des rares à percer dans l’univers du rallye avec 4 victoires entre 1981 et 1982, préside la « Women and Motor Sport Commission » de la FIA (Fédération internationale de l’automobile). L’ex vice-championne du monde de rallye se bat pour féminiser les sports moteurs, et pas seulement en compétition, car une femme peut aussi être mécanicienne ou team manager. Car tous ces postes à responsabilité sont également désertés par les filles. « En compétition, il n’y a pas non plus suffisamment de femmes à la base du sport, explique Michèle Mouton, et il est donc logique que peu d’entre elles progressent dans le karting et dans les disciplines de plus haut niveau. Nous devons augmenter le nombre de jeunes femmes à la base de la pyramide afin qu’elles aient plus de chances de gravir les échelons du sport automobile ».

Le programme « Girls on Track »

Pour trouver de nouvelles égéries, la FIA a lancé en 2018 le programme « Girls on Track » visant à détecter et former les jeunes femmes pilotes de demain.  Ce programme de détection de jeunes femmes âgées de 8 à 18 ans à travers des épreuves de slalom en karting, a révélé un premier talent : la pilote Maya Weug, 16 ans, qui est devenue, le 21 janvier dernier, la première fille à intégrer la Ferrari Driver Academy, la filière de formation de pilotes de l’écurie au cheval cabré. La Néerlando-belge qui a débuté le karting à l’âge de 7 ans, a ainsi gagné le droit de disputer pendant une année la saison de Formule 4. Une première virée dans le monde professionnel. Autre nouvel espoir féminin des paddocks : Jamie Chadwick qui est la première femme à remporter une course F3 britannique. L’Anglaise de 22 ans qui va courir la prochaine saison en W Series, vient juste d’être confirmée comme pilote de développement au sein de l’équipe de F1 Williams Racing pour la saison à venir.  Malgré son rôle au sein de l’équipe Williams, Jamie Chadwick n’a pas encore pu monter dans une monoplace de l’équipe de Grove et ne sait pas si elle sera encore membre de l’équipe britannique la saison prochaine. Le baquet en F1 semble encore un objectif lointain. Mais la jeune pilote féminine va continuer à faire ses classes dans les échelons inférieurs… Jamie Chadwick avoue : « J’ai besoin de temps pour évoluer. Mais si un jour j’arrive en F1, je veux être la meilleure pilote possible ».