Sanef : le comportement des français sur l’autoroutes

A quelques jours des départs en vacances, le groupe SANEF a publié son étude sur le comportement des automobilistes. Un baromètre qui dévoile que les conducteurs sont de plus en plus indisciplinés sur l’autoroute.

étude sanef

Jeudi dernier, une étude du réseau Sanef indiquait que les automobilistes tricolores respectaient de moins en moins le code de la route sur le grand ruban. Parce qu’ils se sentent en sécurité sur l’autoroute, les automobilistes français prennent leur aise et multiplient les comportements dangereux selon cette récente enquête. De quoi bafouer quelques règles élémentaires de la sécurité routière comme l’usage du téléphone au volant en recrudescence, notamment auprès des chauffeurs de poids lourds largement montrés du doigt par l’étude Sanef.

Autoroute : une multiplication de comportements à risque

La 8ème édition de l’Observatoire Sanef des comportements publiée la semaine dernière est très claire : sur l’autoroute, les automobilistes appuient de plus en plus sur le champignon jusqu’à dépasser allègrement les limites de vitesse autorisées. Ils respectent également de moins en moins les distances de sécurité. De plus, on les retrouve de plus en plus fréquemment téléphone à la main. D’après Pascal Contremoulins, responsable de la sécurité routière à la Sanef, ce baromètre 2019 est le plus mauvais depuis 2012. La preuve en chiffres : 45% des automobilistes conduisent entre 135 et 150km/h sur l’autoroute et 5% vont au-delà des 150km/h. « Durant les mois précédents, les forces de l’ordre étaient peut-être occupées ailleurs, ce qui a pu créer un sentiment d’impunité, décrit Pascal Contremoulins. Or, quand la vitesse est trop élevée, un conducteur n’aura pas les moyens de réagir si un problème survient devant lui, car le phénomène est masqué par la voiture précédente. Un accident sur 5 sur autoroute est un sur-accident, c’est-à-dire qu’il implique plus de deux voitures ». Mais les comportements à risque ne s’arrêtent pas qu’aux excès de vitesse. Des efforts importants restent à faire sur l’utilisation du clignotant. Selon le rapport, 38% des conducteurs ne l’enclenchent pas pour doubler et 46% l’oublient pour se rabattre. Pour rappel, le code de la route impose de signaler aux autres conducteurs ses changements de direction sinon c’est la sanction peut se révéler lourde : 3 points en moins et 35€ d’amende.

Sécurité routière : de l’usage du téléphone au volant

Un comportement au volant, et qui avait disparu, revient au galop : celui du téléphone à la main en conduisant. En 2015, à peine 4% osaient téléphoner au volant de leur carrosse. Cette année, on atteint les 6%. Un phénomène encore plus présent chez les poids lourds : 15% ont été observés en train de passer un coup de fil tout en roulant sur l’autoroute. Pascal Contremoulins a cru bon de rappeler que « 15% des accidents mortels sur autoroute sont dus à l’inattention. 20% des poids lourds font des écarts sur la bande d’arrêt d’urgence, soit 1 écart chaque minute. Et s’il est acquis que l’alcool au volant est dangereux, les automobilistes n’ont pas encore pris conscience du danger du téléphone au volant ». Une étude américaine vient appuyer ses propos : envoyer un SMS en conduisant multiplierait les risques d’accident par 23.

Sur l’autoroute, les automobilistes se relâchent

D’après Pascal Contremoulins, les autoroutes françaises seraient de si bonne qualité qu’elles dégageraient un sentiment fort de sécurité. Du coup, les automobilistes auraient tendance à se détendre et à adopter des comportements dangereux. Le fait que le taux de mortalité sur le grand ruban reste l’un des plus bas avec 157 tués sur les 9000 kilomètres d’autoroutes l’an dernier, viendrait renforcer ce sentiment de sécurité qui, insidieusement, inciterait à la prise de risques.