Etude INRIX : les embouteillages coûtent cher

Avec son étude annuelle, la société INRIX, spécialisée dans l’analyse des données liées au trafic routier, démontre que les embouteillages sont toujours aussi importants en Europe et encore plus dans le reste du monde. A Bruxelles, les Belges perdent 145 h par an dans les embouteillages. En 2018, les Parisiens en ont perdu 237. Mais la palme 2018 revient à Moscou (305 heures) qui devance Istanbul, Bogota et Mexico. Trois villes qui sont régulièrement pointées du doigt en matière de circulation routière et d’embouteillages.

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Le classement des villes les plus embouteillées

D’après l’institut de recherche INRIX, Paris n’est donc pas la ville où l’on circule le plus difficilement. Sur les 1 360 métropoles analysées, Los Angeles arrive largement en tête de ce triste classement. Dans le classement de l’INRIX, le taux de congestion est mesuré en fonction du temps moyen qu’a passé chaque automobiliste dans les bouchons, par ville et sur l’année 2018. Selon cette étude annuelle de l’INRIX, Los Angeles est l’agglomération la plus embouteillée. La seconde place est partagée par Moscou et New York. Sur la troisième marche du podium, Sao Paulo (86 heures), suivie de San Francisco (79 heures) puis de Bogota (75 heures). Avec 74 heures d’embouteillages, Londres arrive en sixième position, précèdant Atlanta (70 Heures). La capitale française est à la huitième place. La suite du classement est la suivante: Miami (64 heures), Bangkok (64 heures), Jakarta (63 heures), Washington (63 heures) et Boston (60 heures). La douzième et dernière place revient à Istanbul (59 heures).

Les embouteillages coûtent cher

Outre l’aspect chronophage des embouteillages, il y a l’aspect financier qui fait des ravages. Car tous ces trajets qui tournent au ralenti coûtent très cher. La société Inrix évoque un coût des embouteillages s’élevant à 87 milliards de dollars sur une année aux Etats-Unis. La première ville française qui apparaît dans le classement mondial n’est autre que Paris, à la 16e place. Lyon n’apparaît qu’à la 57ème place des villes où il y a le plus d’embouteillages au monde. Cela s’explique par le fait que les salariés se déplacent plus en transports en commun qu’en auto. En moyenne, 41% des salariés ont recours aux transports en commun tandis que 35% utilisent leur véhicule. Dans toutes les autres villes de France, la voiture reste le moyen de transport principal. Lille se place juste derrière Lyon en ce qui concerne l’utilisation des transports en commun tandis qu’à Grenoble, Strasbourg et Bordeaux, l’usage du vélo est le plus répandu.

Embouteillages : la voiture autonome ne serait pas une solution

On a longtemps imaginé que les voitures autonomes réduiraient les embouteillages. Mais la récente étude de l’Américain Adam Millard-Ball, professeur associé à l’université de Californie, dit tout le contraire. Dans un article récent publié dans la revue Transport Policy, ce dernier alerte sur le risque d’un « scénario cauchemar d’embouteillage total ». Selon les prévisions du chercheur, ce sont les coûts qui déterminent les comportements. Lorsque les prix de stationnement augmentent, les automobilistes se tournent avec plus d’engouement vers les transports en commun. Mais les voitures autonomes, elles, n’ont aucune nécessité de se garer. S’il est plus rentable pour les véhicules autonomes de rouler à vide en attendant leurs propriétaires ou leurs clients plutôt que de chercher une place de parking, ils risqueraient bien d’augmenter considérablement l’intensité du trafic.

Embouteillages : le paradoxe de Braess

On pourrait également croire qu’ajouter des routes ou des autoroutes changerait la donne. Mais, d’après Pierre Devos, ce serait l’inverse. «Plus on crée d’infrastructures, plus la population se déplace ». Un exemple : à la fin des années 1960 à Stuttgart, des travaux d’extension du réseau routier ont généré de monstrueux embouteillages, qui avaient abouti à la fermeture de la section neuve. En mathématiques c’est ce qu’on appelle «le paradoxe de Braess». Un phénomène issu de la théorie des jeux qui implique que lorsque l’on ajoute dans un réseau routier une nouvelle solution, les utilisateurs se ruent sur cette dernière.

La réponse aux embouteillages se trouve certainement ailleurs : dans l’amélioration des infrastructures, la modification de certains carrefours ou encore, bien évidemment, dans les transports en commun.