Essai Ford Mach-E : la Mustang électrisante

Pour sa première auto vraiment électrique, Ford a revisité sa marque Mustang dédiée, jusque-là, aux coupés sportifs. La Ford Mach-E entend montrer de quels watts se chauffe le constructeur de Dearborn.

Ford Mustang Mach-E électrique

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La magie Mustang, le rêve automobile américain, se décline sous une autre forme. Après une Focus électrique tombée aux oubliettes, Ford s’est remis au travail et a ouvert les commandes d’un nouveau modèle 100% électrique qui tient, cette fois, la route : la Mach-E. Ce n’est ni un coupé ni une sportive comme la Mustang. C’est, en revanche, une bonne voiture électrique qui déboule sur le marché des grands SUV électrifiés. Ses concurrents : la Jaguar I-Pace, pionnier du segment, un peu plus cher et avec moins d’autonomie. Mais aussi le prometteur BMW iX3 et surtout la Tesla Model Y, sa plus grande adversaire, un peu plus habitable mais plus onéreux. La gamme Mustang ne comportait jusqu’alors que d’un coupé et son dérivé cabriolet passés du V8 au 4 cylindres lors de leur importation en Europe. Cette gamme s’enrichit désormais de ce SUV 100% électrique Mach-E qui n’abritera aucune motorisation thermique et au style réussi, dans l’ADN Mustang. Est-ce une véritable Mustang pour autant ? Non. Et encore moins une Mach 1 qui a un V8 et 460 ch. Mais même si elle est d’un sang différent, la nouvelle Ford électrique est loin d’être un mauvais cheval. C’est même une jolie auto électrique avec un je ne sais quoi de la dernière Mustang, du côté des feux arrière mais aussi de la chute de toit. 

Un grand écran façon Tesla

Dans l’habitacle, même gènes : ceux de la Mustang et de sa planche de bord très similaire. Pour une première voiture électrique, le niveau est plutôt bon. Mais ce qui aimante le regard, c’est le colossal écran de 15,5 pouces de série qui trône au milieu de la planche de bord et qui fait beaucoup (trop) penser à Tesla. Cinq personnes peuvent s’installer confortablement à bord, même à l’arrière malgré la ligne de toit fuyante. Deux coffres, un à l’avant (appelez-le « frunk » pour être branché) et un à l’arrière, offrent un volume total de 502 litres.

Essai Ford Mach-E en version 99kW

Si la Mach E fait l’impasse sur le V8, le SUV électrisé a néanmoins de la ressource. En version 99kW, il développe pas loin de 360ch. Et comme c’est une électrique, ça signifie que son couple est instantané. Et ce n’est pas un petit couplet, mais une énorme charge de 580Nm qui déboule immédiatement, dès qu’on appuie sur l’accélérateur. Le 0/100km/h ? Comptez 5,8s, le temps de rester soudé aux sièges plutôt très confortables. Les batteries cachées apportent une excellente stabilité, tout comme les quatre roues motrices. Trois modes de conduite : Whisper (chuchotement) correspond au mode éco, le plus doux pour la batterie et les suspensions. Le mode Active, durcit légèrement l’ensemble. Quant au mode Untamed (sauvage), il envoie les watts et transforme l’auto en pur sang sauvage. Etonnamment, ce mode reste frugal : dans cette configuration nous n’avons consommé que 21kW/h en moyenne sans avoir le pied léger. En conduite mixte, notre Ford Mach-E a roulé dans un rayon de 400km. Pour la recharger : trois quart d’heure pour qu’elle redevienne pimpante à 80%. Sur une prise dédiée, à la maison, il vous faudra 9h pour la ragaillardir à 100%. 

Bilan  Tarif de la Ford Mach-E : 65 500 euros. C’est peut-être beaucoup. Mais aussi beaucoup moins qu’une Mustang V8 qui, avec le malus, coûte plus de 90 000 euros.  Nous avons aimé le style de ce nouveau SUV électrique, son contenu technologique et son comportement routier. Performances, autonomie, habitabilité, recharge, confort et équipement : la Mach E coche toutes les cases. Dans ce tableau idyllique, ne manque que la voix rocailleuse du V8. L’idéal, finalement, ne serait-il pas de rouler en Mach-E la semaine et en Mustang Cabriolet GT le week-end ?