1 automobiliste sur 4 jette ses déchets sur la route

La Fondation Vinci Autoroutes publie les résultats de la 7ème édition de l’enquête réalisée par Ipsos sur la façon dont les Français gèrent leurs déchets sur la route des vacances. Les résultats sont assez stupéfiants…

déchets sur la route

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La conscience écologique des Français s’arrête-t-elle à l’instant où ils montent dans leur voiture ? La question est certes un peu provocatrice, mais après la lecture des résultats de l’enquête Ipsos pour Vinci autoroutes, on peut légitimement se la poser. En effet, malgré certaines pratiques qui progressent dans le bon sens, l’enquête révèle la persistance de comportements inciviques trop répandus, à commencer par ce résultat qui fait froid dans le dos : plus d’un Français sur quatre reconnaît jeter ses déchets sur la route par la fenêtre de sa voiture, même s’il en ressent un sentiment de culpabilité. Un geste qui a évidemment des conséquences dramatiques pour l’environnement puisque plus 25 tonnes de déchets sauvages sont ainsi ramassées chaque jour le long de nos autoroutes… En légère baisse néanmoins par rapport à l’an passé, ce comportement incivique augmente dans la vie quotidienne : 40% des Français admettent qu’il leur arrive de jeter des déchets sur la route publique (+2 points par rapport à 2020).

Mégots, papiers et mouchoirs et déchets sur la route

Le sport national de « jettomanes » comme les appelle Vinci Autoroute, c’est le jet de mégot. Plus d’un fumeur sur 42, jettent ses mégots par la fenêtre de sa voiture… Les fumeurs ne sont pas les seuls à commettre des incivilités écologiques, puisque globalement 9% des Français (14% des moins de 35 ans) admettent qu’il leur arrive de laisser tomber un papier, un mouchoir ou un emballage dans la rue et de ne pas le ramasser et 4% de laisser une bouteille en plastique ou une canette sur la voie publique.

Conscience des risques, mais…

Selon l’enquête d’Ipsos, les Français sont pourtant conscients des risques liés à la présence de déchets sur la route. Ils sont même 72% admettent que jeter un déchet par la fenêtre de sa voiture entraîne un risque extrêmement important de pollution de l’eau et des sols, 71% un risque pour la biodiversité, 59% un risque d’incendie et 55% un risque d’accident pour d’autres véhicules. Les automobilistes français qui jettent leurs déchets sur la route par la fenêtre sont heureusement conscients des risques qu’ils font encourir aux personnels autoroutiers qui interviennent pour ramasser les déchets sauvages sur les voies. Mais ce qui est préoccupant, c’est que cette prise de conscience est en baisse de 7 points par rapport à 2020…

On se cherche des excuses

Pour expliquer leurs incivilités, les Français ont tendance à se trouver des excuses, tout en restant sévères avec les autres… Ainsi 77 % d’entre eux justifient leur geste par l’absence de poubelles à proximité ou par des poubelles trop pleines, tandis qu’ils ne sont plus que 35 % à retenir cette excuse pour les autres. 39 % expliquent également leur geste par le refus de garder leurs déchets avec eux pour les mettre à la poubelle plus tard et 31 % estiment que les impôts qu’ils paient doivent servir au ramassage de ces déchets sur la route. Bien sûr, les Français sont unanimes (95%) à penser que la présence de déchets sur la route nuit à l’image d’un lieu. C’est un paradoxe. Ils sont de plus en plus nombreux à commettre des incivilités, mais en même temps ils déplorent la saleté des routes, en particulier dans et autour des zones urbaines : 72% d’entre eux considèrent que les rocades et périphériques autour des agglomérations sont sales et 61% qu’il en est de même pour les routes et rues à l’intérieur des villes. « Jeter un déchet sur l’autoroute ou dans la rue peut sembler anodin mais ce geste, répété par des milliers de personnes, crée des nuisances et des risques que pourtant chacun déplore. Malheureusement, les Français ont tendance à minimiser l’impact de leurs gestes et se disent sceptiques quant à l’efficacité de l’appel au civisme », résume bien Bernadette Moreau, Déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroutes.