Coronavirus : l’automobile menacée

Mise à jour le 17 mars 2020

Les uns après les autres les constructeurs et les équipementiers ont amorcé l’arrêt de leur production. Quant aux réseaux de distribution, ils doivent se contenter de conserver les ateliers ouverts, mais les show-rooms sont fermés.

coronavirus - automobile

La plupart des marques n’ont pas attendu le discours du président de la République ce lundi soir pour prendre leurs dispositions. Face à l’ampleur de l’épidémie, tous les constructeurs européens ont stoppé la production de la plupart des usines du continent. Le premier groupe a réagir est évidemment PSA. L’entreprise, très implantée dans l’Est de la France, notamment à Mulhouse et à Sochaux, a mis ses usines de la région à l’arrêt dès hier. Les autres sites industriels du groupe sont en train de suivre le même chemin et, de Saragosse en Espagne, en passant par les sites allemands d’Opel (intégré au groupe) aux usines de Rennes et Mangualde au Portugal, toutes les unités de production seront totalement à l’arrêt dans les jours qui viennent.

Coronavirus : Le losange à l’arrêt

Chez Renault, la montée en puissance des fermetures d’usine est équivalente à celle de son vieux concurrent. D’abord concentrée sur l’Espagne, un pays durement touché ou le losange a fermé tous ses sites la semaine passée, la direction du groupe est focalisée sur la France depuis hier. Toutes les unités de production hexagonale, employant 18 000 salariés, seront fermés dans la semaine. Douze usines sont ainsi concernées sur l’ensemble du territoire.

Bibendum en repos forcé

De son côté, Michelin n’a pas tardé à réagir, dès le week-end dernier, en annonçant l’interruption totale de l’ensemble de sa production en France, en Italie et en Espagne, durant au moins une semaine. 20 000 salariés répartis sur 21 000 sites sont concernés par cette mesure qui pourrait en appeler d’autres. Car la direction du Bibendum n’exclue rien, même pas l’arrêt totale de l’ensemble de ses activités sur le continent. Des décisions qui seront prises en fonction des dispositifs d’indemnisation des salariés pays par pays. Rien qu’en France, 10 000 personnes sont touchées par des mesures de chômage partiel et sont déjà au repos forcé. Ils se répartissent dans les 14 sites hexagonaux. Seuls quelques unités du manufacturier, plus sensibles, poursuivent une activité réduite. Il s’agit d’usines fabriquant des produits spéciaux pour l’armée.

Coronavirus : FCA en congés

Si le groupe italo américain FCA doit bientôt rejoindre le giron PSA, il prend, pour le moment, ses décisions seul. C’est ainsi que cette structure, qui regroupe les marques Fiat, Chrysler, Jeep, Maserati, Alfa Romeo, Dodge et Ram a décidé de fermer la plupart de ses usines européennes jusqu’au 27 mars. L’entreprise, d’origine italienne est évidemment très sensible à l’ampleur de l’épidémie de l’autre côté des Alpes ou elle a déjà fait plus de 1 800 morts. 

Des arrêts liés à des facteurs autres que le virus

Évidemment, les usines provisoirement fermées chez FCA (ou elles représentent 35% de la production mondiale) et chez ses concurrents, sont destinés à freiner la contagion du Coronavirus. Mais pas seulement. Dans certains cas, ces unités de production sont dans l’incapacité de fournir les voitures qu’elles doivent assembler, en raison des pénuries de pièces. Car les équipementiers sont eux aussi touchés à travers le monde entier, et notamment en Chine. Wuhan, épicentre du virus est aussi une plate-forme mondiale de l’automobile et ses usines commencent à peine à redémarrer. Il est une autre raison qui bloque également les unités d’assemblage de voiture. Le confinement mis en place depuis hier interdit l’ouverture des points de ventes non alimentaires. Les shows rooms automobiles sont bien entendu concernés. Et comme il n’est pas possible de vendre des voitures neuves pour le moment, il n’est pas indispensable de les fabriquer.


Article du 2 mars 2020

Marché automobile Chinois qui dévisse, équipementiers déboussolés, constructeurs en cellule de crise, salon de Genève annulé… Les effets de l’épidémie du Coronavirus se font sentir sur l’activité économique mondiale et frappe notamment de plein fouet l’industrie automobile.

Pour contenir la propagation du Coronavirus, la Chine a pris des mesures drastiques depuis la mi-janvier : les déplacements ont été restreints, de nombreuses usines ont été fermées et la province de Hubei, où la production automobile est très importante, a été mise en quarantaine. Depuis quelques jours seulement, le gouvernement a encouragé les entreprises à reprendre le travail. Mais le secteur automobile a eu le temps d’être impacté. Et le sera encore plus si l’épidémie se poursuit.

Plongeon des ventes de voitures

En Chine, la production automobile a été stoppée net par le Coronavirus le 24 Janvier. Si cette dernière reprend très doucement depuis quelques jours, la Province de Hubei qui représente à elle seule 7% des capacités du pays, reste farouchement à l’arrêt. Cela pourrait geler les lignes de production dans le monde entier. Du coup, le plus gros marché automobile du monde, a vu ses immatriculations chuter de 22% en ce début d’année. Et ce sera pire en Février : les immatriculations devraient dévisser de 30 % et les marques étrangères implantées en Chine comme Volkswagen ou Nissan, devraient voir leurs bénéfices s’étioler. L’Empire du milieu souffrait déjà d’une chute des ventes de voitures neuves depuis trois ans. La crise du Coronavirus complique encore la situation : les concessions se sont vidées de leurs clients, provoquant une chute vertigineuse des immatriculations. 

Coronavirus : l’effet domino

La Chine concentre 40 % de la production automobile mondiale. Du coup, les stocks risquent rapidement de ne plus être suffisants, même si, pour l’instant, Renault parvient à faire face tout en redoutant la crise du Coronavirus qui touche aujourd’hui de plein fouet l’Italie aussi. Le groupe PSA, quant à lui, a également ouvert une cellule de crise mais compte surmonter la crise grâce à sa flexibilité : si le stock de batteries, par exemple, venaient à s’épuiser, ses plateformes de production permettraient de basculer rapidement d’un modèle électrique vers un modèle thermique. Enfin, les équipementiers français comme Plastic Omnium, Faurecia qui approvisionnent en carrosseries ou pare-chocs, risquent d’être en rupture de stock car ils travaillent en flux tendus avec les constructeurs. 

Des répercussions en France au mois de Mars

Mais attention. Si l’épidémie de Coronavirus se prolongeait, les ventes automobiles en France, qui souffrent déjà depuis le mois de janvier d’un durcissement du malus anti-pollution, pourraient ressentir violemment l’impact. Car, à partir du mois de Mars, certains modèles ne pourraient plus être disponibles dans l’Hexagone. Il faut dire qu’avec 300 fournisseurs chinois sur un total de 8000, les usines européennes sont fortement dépendantes. En revanche, si l’effet Coronavirus s’arrête assez tôt, le stock de véhicules sera suffisant et cela n’aura aucun impact sur les immatriculations en France. 

Coronavirus : le salon automobile de Genève annulé

Il devait se tenir du 5 au 15 Mars. Mais le salon automobile de Genève, qui risquait déjà de connaître une forte baisse du nombre des visiteurs – à l’aune de celle des exposants où manquaient à l’appel Peugeot, Citroën, Opel, Ford – est finalement annulé. Le gouvernement suisse a, en effet, décidé d’interdire tout événement réunissant plus de 1.000 personnes jusqu’au 15 mars au moins afin de limiter la transmission du coronavirus. Mais cette annulation risque d’avoir des conséquences immédiates sur l’avenir du salon Genevois. 600 000 visiteurs étaient attendus et le manque à gagner sur la billetterie s’élèvera à plusieurs millions d’euros. Par ailleurs, les constructeurs avaient engagé des sommes importantes pour la location de leurs stands. L’irruption du Coronavirus vient mettre à mal ce genre d’évènements coûteux et dont la rentabilité, ces dernières années, est en berne. L’avenir des salons automobiles est, plus que jamais, incertain. 

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