Conduite autonome : Toyota lance des tests en Europe

Tous les constructeurs automobiles se démènent pour développer des véhicules dotés de la conduite autonome, le Graal des transports du futur. Toyota ne compte pas rater une miette de cette course folle vers l’autonomie : le constructeur japonais a annoncé qu’il allait tester une voiture sans conducteur sur routes ouvertes en Europe.

Voiture conduite autonome

Parallèlement à l’électrification et, plus largement, à l’évolution des habitudes de déplacements, le véhicule autonome fait partie des grands défis que doivent relever les constructeurs automobiles. Les investissements à mettre en place sont énormes et les défis technologiques à soulever le sont tout autant. Devant les coûts, qui se chiffrent en milliards d’euros, que le développement des véhicules autonomes engendre, certains constructeurs comme PSA jettent l’éponge au-delà du niveau 3, d’autres s’allient à l’instar de BMW et Daimler. De son côté,  Volkswagen rejoint Ford et investit dans Argo AI, une société spécialisée dans l’intégration d’intelligence artificielle dans des voitures autonomes, avec une valorisation de quelque 7 milliards de dollars. Reste le cas particulier de Toyota. Le champion asiatique se lance en solitaire dans l’aventure et vient d’annoncer le lancement d’un programme de tests de conduite autonome sur routes ouvertes en Europe et notamment en Belgique, dans le centre-ville de Bruxelles. Une opération plutôt rassurante pour l’automobile du vieux continent, qui témoigne en tout cas de l’intérêt constant du géant asiatique pour l’Europe au moment ou nombre de constructeurs ont tendance à fuir les exigeantes normes anti-pollution édictées par Bruxelles. De General Motors qui a jeté l’éponge dans cette région du monde, à Ford qui vacille et s’apprête à tailler dans ses effectifs européens, l’initiative de Toyota redonne du baume au cœur du secteur.

Toyota : en route vers les autorisations de ses véhiculesdotés de la conduite autonome

Une initiative d’autant plus rassurante qu’elle a reçu l’aval des autorités belges. Et pour Toyota, le plus dur est dans le rétroviseur : les simulations et les essais réalisés sur circuit fermés ont été validés. Reste à tester ces véhicules autonomes sur une vraie route avec des vrais arbres et des vrais gens. Ca tombe bien : le centre-ville de Bruxelles où le constructeur japonais veut effectuer ses premiers tests, ne manque pas d’animation. Peu de risque : Toyota a bien évidemment validé son système de conduite autonome, la formation des conducteurs qui superviseront les autos bardées de capteurs a été assurée, et les autorisations nécessaires pour un tel test grandeur nature ont bien été reçues.  

Toyota : le projet européen L3Pilot

C’est donc une Lexus LS un peu particulière puisqu’agrémentée d’un système de télédétection laser, de radars, de caméras et de dispositifs de géolocalisation ultra-précis, qui s’élancera dans Bruxelles et répétera le même trajet pendant treize mois. Dans l’habitacle, un conducteur de secours, en fait un ingénieur dûment formé, supervisera la boucle et pourra reprendre la main à la moindre embûche. Cette voiture autonome permettra de recueillir de multiples données pour nourrir le projet européen L3Pilot auquel le constructeur Toyota participe aux côtés d’autres constructeurs mais aussi d’organismes de recherche publics, d’équipementiers et autres autorités compétentes. Lancé en 2017 pour une durée de quatre ans, ce programme, en partie financé par la Commission européenne, prépare le terrain d’essais à grande échelle de la conduite autonome qui impliquera au total une dizaine de pays d’Europe. Un financement public qui a bien sûr compté dans le choix de Toyota lorsqu’il a fallu trancher et opter pour un lieu précis destiné aux tests. Un même financement public qui a conduit les autorités françaises à proposer aux constructeurs, une petite ville reconstituée tout exprès pour simuler des conditions réelles et tester les technologies autonomes du côté de Montlhéry dans l’Essonne.