CO2 : vers de nouvelles réductions drastiques

L’UE compte serrer la vis du CO2 d’ici 2030. Nouvel objectif : -55% pour l’industrie automobile qui devait déjà rentrer dans les clous d’une règle de diminution drastique des émissions. 

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Quelle va être la stratégie des constructeurs automobiles déjà étranglés par la baisse obligatoire des émissions et qui, d’ici 2030, devront encore abaisser le seuil jusqu’à -55% ? En 2019, l’UE avait déjà décidé de durcir ses normes, exigeant une réduction de 37,5% des émissions de CO2 à l’horizon 2030 par rapport à 2021. Un objectif critiqué par les constructeurs automobiles, le jugeant trop ambitieux, tandis que les défenseurs de l’environnement le trouvaient trop limité.

En route vers la neutralité carbone

Très en pointe pour la sauvegarde de la planète, l’Union européenne (UE) veut donc rehausser son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre actuellement fixé à – 40% par rapport au niveau de 1990. La semaine prochaine, Ursula von der Leyen, la Présidente de la Commission Européenne, devrait dévoiler au parlement européen ce nouvel objectif qui s’inscrit dans le projet plus vaste de la « loi climat ». Un projet qui vise à atteindre la neutralité carbone (C’est-à-dire l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur absorption) pour l’UE en 2050. Et si plusieurs secteurs de l’économie devront faire des efforts, l’industrie automobile devra particulièrement batailler pour entrer dans les normes. 

Boulevard pour les autos électriques

L’objectif général de – 55 % impliquera pour l’industrie automobile l’entrée en vigueur de normes encore plus drastiques pour les nouvelles voitures, selon un schéma qui sera établi en 2021 par la Commission européenne. Pressés par l’urgence de la chose, les constructeurs doivent ruser et se rabattre en priorité sur l’électrification de leurs véhicules. Du pain béni pour les constructeurs chinois qui veulent rattraper les Occidentaux. D’autres solutions innovantes comme le carburant de synthèse sur lequel travaille BMW ou l’hydrogène (qui demande au moins deux décennies pour déboucher sur la grande série) pourraient apporter une solution. 

Les SUV, loin des objectifs CO2

S’ils sont précieux pour la rentabilité des constructeurs, les SUV, consommateurs d’énergies ont bien du mal à répondre aux émissions moyennes de CO2 en raison de leur taille et de leur poids. Le défi consiste à savoir comment maintenir la rentabilité, tout en atteignant les objectifs de l’UE et éviter les sanctions. Profiter des SUV pour rester rentable ou payer de fortes amendes ? Telle est la question. En 2019, ces engins haut sur patte ont affiché 131.5 g/km contre un objectif fixé à 95 g/km et ont représenté 38% des immatriculations totales sur le marché européen. La meilleure alternative pourrait bien être les petits SUV plus légers et plus économes en carburant. Mais ils manquent encore de propositions électrifiées, poussant ainsi les consommateurs à acheter des modèles diesel ou essence. 

Après des aides en 2020, des amendes en 2021 ?

Compte tenu de l’arrêt général de la production automobile en Europe, mais aussi des développements, des tests et des homologations, quatre fédérations représentant les intérêts du secteur automobile en Europe ont envoyé un courrier à la Commission européenne pour réclamer des mesures et un ajustement du calendrier par rapport aux objectifs de CO2. L’ACEA (constructeurs), le Clepa (équipementiers), le Cecra (concessionnaires et réparateurs) et l’ETRMA (pneumaticiens) estiment que cette situation bouleverse les stratégies mises en œuvre pour se conformer aux lois existantes et à venir. Bilan : il semble difficile d’imaginer l’Union européenne donner des millions d’euros pour venir en aide aux constructeurs automobiles et leur administrer des amendes en 2021 pour non respecter des objectifs de CO2.

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