Clap de fin pour les salons automobiles ?

salons automobiles

Les salons automobiles sont à la peine. Et ce n’est pas la crise actuelle qui va les aider. Dernières victimes en date sur le sol européen : Le Salon de Genève et le Mondial de l’Automobile de Paris. Le premier a dû finalement renoncer à accueillir des visiteurs seulement quelques jours avant son ouverture prévue. Et pour le second, ses organisateurs ont d’ores et déjà annoncé qu’il ne se tiendrait pas, ou du moins par sous sa forme habituelle. 

La crise sanitaire que nous traversons va-t-elle donner le coup de grâce aux salons automobiles tels que nous les connaissons ? Pas si sûr… Alors certes, les salons connaissent une vraie désaffection. Celle des constructeurs d’abord, car les coûts financiers, logistiques et humains des salons sont difficilement supportables à l’heure où chaque euro investi compte. Et le public aussi s’en détourne, car l’effet « wahou » a fortement disparu. Moins de nouveautés, moins de constructeurs présents et une automobile qui n’a pas toujours une bonne image dans les médias ou auprès des pouvoirs publics.

De nouvelles pistes…

Et si, finalement, cette crise redonnait de l’intérêt aux grand-messes de l’automobile ?
D’abord, à l’image de Volkswagen et son salon automobile virtuel en remplacement de son stand à Genève, les constructeurs cherchent à réinventer le concept. Le digital est en effet une vraie piste afin de renforcer l’expérience client de ces événements.

Autre piste : la proximité. Les salons plus régionaux, et à vocation majoritairement commerciale, comme le Salon de l’Automobile de Bruxelles, continuent de remporter un franc succès. La dernière édition de ce dernier accueillait d’ailleurs quelques premières mondiales et européennes, chose impensable il y a quelques années. 

Salons automobiles : et si le renouveau passait par la Chine ?

Si le salon de Pékin, initialement prévu au mois d’avril, avait été annulé, les autorités chinoises, à la surprise générale, ont fait savoir par communiqué que le salon 2020 se tiendrait quand même, du 26 septembre au 5 octobre.  Exactement en lieu et place… du Mondial de Paris !
Si d’autres salons comme ceux de Moscou ou Sao Paulo sont également maintenus, Pékin devrait, selon toute vraisemblance, être le seul cette année à visée internationale. 

Peu à peu, les activités de production et de ventes redémarrent en Chine, premier débouché commercial pour de nombreux constructeurs. Et peut-être seul grand marché qui leur permettra de limiter la casse alors même que les autres vont rester à l’arrêt pendant plusieurs mois.
D’autant qu’une étude de l’Institut IPSOS vient de révéler qu’avec la crise du coronavirus, certains chinois ne se sentent plus en sécurité dans les transports publics et envisagent d’acheter un véhicule. Les résultats sont parlants : 

  • 72% des chinois vivants dans des régions touchées et n’ayant pas de voiture souhaitent en acheter une ;  
  • 66% d’entre eux veulent réaliser cet achat dans les six mois ;

Et selon 77% des futurs acquéreurs, avoir un véhicule « permettrait de ne pas être contaminé dans les transports » ! 

Autant de bonnes raisons pour que les constructeurs répondent présents au plus grand salon automobile de Chine, garant d’une visibilité importante pour chacun sur les derniers mois de l’année. 

S’il est trop tôt pour que les organisateurs du salon communiquent la liste officielle des exposants, ils se disent confiants quant à la présence des constructeurs majeurs. La crise sanitaire pourra-t-elle donner un souffle nouveau aux salons automobiles traditionnels ? Premier verdict attendu à la rentrée, à Pékin. 

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