Bugatti pourrait changer de main

La mythique marque alsacienne Bugatti pourrait bien être vendue par le géant Volkswagen au tout petit constructeur de voitures électriques croate Rimac. Mais l’information, si elle n’est pas démentie par le groupe Allemand, n’est pour le moment, pas officiellement confirmée.

Bugatti

Difficile de rentabiliser une marque comme Bugatti. Or, depuis le scandale du dieselgate, et les 30 milliards qu’il a coûté au groupe Volkswagen, le géant est à la recherche d’argent frais et cherche à se débarrasser de ses branches non rentables. Une Bugatti coûtant plus cher à produire que le fruit de sa vente, la marque acquise en 1998 est donc toute désignée. Selon le magazine « CAR magazine » le sort du mythe alsacien serait déjà scelléEt son acquéreur est loin d’être un grand constructeur mondial puisqu’il s’agit du spécialiste de supercars électrique croate Rimac.  

Bugatti en route vers l’électrique

Pour l’heure, Bugatti propose encore des monstres de l’ancien monde. Sa Chiron, propulsée par un moteur essence de 1500 chevaux aux consommations vertigineuses (dont 500 g/km de CO2), est de moins en moins en phase avec la volonté de verdir l’image de la marque et sera de toute façon condamnée par les prochaines normes anti-pollution. De plus, son objectif de battre un record de vitesse à 490 km/h, ne passionne plus grand monde. Surtout que l’hypercar électrique Aspark Owl assure déjà un 0 à 100km/h en 1.7 secondes. L’ère de l’électrification pourrait donc donner un nouvel élan à Bugatti : Rimac, qui fournit déjà les batteries de l’imminente Pininfarina Battista, pourrait ainsi remplacer cette cathédrale thermique par son quatuor de moteurs électriques pour approcher, voire dépasser, la barre des 2 000 ch.

Rimac : de petit à grand poucet

Si Rimac prospère, c’est parce que les voitures électriques performantes n’ont nul secret pour son boss. Depuis 2009, date à laquelle le génial entrepreneur Croate crée sa marque, les troupes ont grossi jusqu’à employer 1000 personnes aujourd’hui.  Le jeune homme est pris très au sérieux par l’industrie automobile : Porsche détient désormais 15% de la start-up croate et Kia et Hyundai viennent d’y injecter 80 millions d’euros. En outre, Rimac sous-traite également pour de multiples marques automobiles dont Renault et Aston Martin. En 2016, après avoir présenté son Concept S, Mate Rimac s’est intelligemment lancé dans la production de supercars électriques. En 2017, Rimac  a réussi à lever 30 millions d’euros auprès de Camel Group, un important fabricant de batteries chinois. Puis une supercar de rêve, l’Aston Martin Valkyrie, a embarqué de la technologie signée Rimac (moteur électrique et batterie). Renault, client de la start-up croate pour les interfaces, de même que Jaguar pour la réalisation de la E-Type Zero, renforce le jeune constructeur auto. L’année suivante, au salon de Genève 2018, Rimac a présenté la Concept Two, une sportive électrique à la puissance phénoménale : vitesse de pointe à 412 km/h et un 0 à 100km/h abattu en 1.85 secondes… Avec cette Concept Two équipée des dernières technologies de reconnaissance faciale et de conduite autonome et proposée à 150 exemplaires, Rimac voyait le jour en tant que producteur automobile. Entre deux supercars, Rimac développe « batteries à haut rendement, des moteurs électriques sur mesure, des innovations en termes d’assistance au conducteur, de la connectivité, de l’info-divertissement ainsi que l’intégration et le contrôle de systèmes ». Rimac semble donc présenter davantage de garanties. Même si le petit constructeur croate doit encore prouver qu’il sait réellement produire un modèle de série.

Pour l’heure, aucun des protagonistes n’accepte de commenter le sujet. Mais une décision devrait être prise avant la fin de l’année. Bugatti n’est apparemment pas la seule marque appartenant au groupe VW qui pourrait être vendue. Le rapport de Car Magazine indique également que Lamborghini, Seat, Italdesign et Ducati sont toutes « sous enquête »…

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