Le budget automobile 2018 : une baisse en trompe l’œil

En 2018, le budget automobile des Français a baissé de 1,1%. Mais derrière cette bonne nouvelles, se cachent de fortes disparités entre les modèles de voitures, et surtout les taxes qui ont explosé 

budget automobile

C’est une tradition. A chaque printemps, L’automobile Club fait paraître le budget moyen que les français consacrent à leur voiture . Une enquête qui englobe à la fois, le prix d’achat, la valeur de revente au bout de quelques années, l’entretien, l’assurance et, bien évidemment, les frais de carburant. Et si, globalement, la facture est en très légère baisse (-1,1%) tous les automobilistes ne sont pas logés à la même enseigne. Car cette année, l’Automobile Club a pris en compte plusieurs types de voitures : une Dacia Sandero essence, une Renault Clio essence, une Peugeot 308 diesel et une Toyota Prius hybride. Et la seule voiture qui voit son budget baisser et entraîne avec elle la moyenne générale, est la japonaise essence-électrique. Une raison simple explique sa bonne note : sa valeur de revente après quatre ans de bons et loyaux services.

Des péages et des frais de parking presque stables

Pour les autres, la possession d’une voiture est plus chère et surtaxée que jamais. Une hausse essentiellement due aux prix des carburants, essence comme diesel, qui ont augmenté fortement. Dans l’hexagone, 84% des ménages disposent d’un véhicule particulier qu’ils conduisent régulièrement. Et sept salariés sur 10 se rendent au travail en voiture. Selon l’Association, le budget automobile total moyen s’est élevé à plus de 6000 euros en moyenne l’an dernier. Contre 4800 euros en 2016. Avec des disparités liées au modèle. Ainsi, une Renault Clio Essence coûte 6833 euros par an, une Peugeot 308 diesel 9476 euros et une Dacia Logan diesel, la moins chère du lot, 4927 euros.  Reste que le carburant, et ses taxes, sont les mêmes, quelle que soit la voiture. En 2018, les automobilistes ont acquitté 74 milliards de taxes dont 40 milliards pour les seuls carburants. Un chiffre évidemment en hausse, comme les frais d’entretien. En un an, ces derniers ont bondi de 3.4 à 3.8% selon les marques. Même phénomène pour les primes d’assurance qui ont augmenté de 2.5 %. Seuls deux postes restent en-dessous de l’inflation : les péages et les frais liés au parking, lesquels ont augmenté respectivement de 1,36% et de 1,57%.

Un délire fiscal vilipendé par l’Automobile Club

C’est l’une des préoccupations des Français. Le prix du carburant, en grande partie à l’origine de la colère des Gilets jaunes en automne dernier, est un budget conséquent. Le litre d’essence peut atteindre 1.50 euros. Les prix à la pompe ont sérieusement grimpé en 2018 : 15% de hausse pour le super sans plomb et 22,5% pour le diesel. Les taxes prennent une part essentielle dans cette hausse puisqu’elles ont augmenté de 6% dans le cas du sans plomb et 12,9% du côté du diesel, soit 3 à 7 fois le niveau de l’inflation sur la même période. Au global, le sans plomb 95 est taxé à hauteur de 167% de son tarif au litre (soit plus de huit fois la TVA, fixée à 20%), 144% pour le gazole. Des hausses de tarif liées notamment au baril de pétrole dont dépendent les carburants. Devenus de plus en plus chers, les carburants sont d’ailleurs de plus en plus volés : les entreprises de transport sont particulièrement visées. Des réservoirs de camion sont directement siphonnés. L’Automobile Club parle de « délire fiscal ».

Des assurances en hausse, car les accidents sont en hausse 

Les primes d’assurance ont progressé de 2,5 % en moyenne en raison d’une accidentalité en hausse, des coûts médicaux et des indemnités versées aux victimes toujours plus importantes. Côté entretien, la hausse est relative, mais réelle puisqu’elle progresse de 0,4%. En cause : des véhicules bardés d’électronique, et donc plus complexes à réparer.

Des prix stables à l’achat

L’ACA n’ayant pas connaissance des négociations entre vendeurs de voitures et clients, elle s’en tient au prix catalogue des véhicules neufs qui sont plutôt restés stables depuis 2017.
Pour baisser le budget exhorbitant de votre voiture, il existe bien des solutions marginales comme le covoiturage ou, dans certains cas, l acquisition d’une auto hybride ou électrique. Reste que même si elle devient de plus en plus chère, la voiture demeure indispensable aux 70% de français qui se rendent au travail avec.

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