Brexit : l’automobile en première ligne

Alors que la sortie de l’Union européenne de l’Angleterre est effective depuis le 31 janvier minuit, l’industrie automobile s’attend à en être la première victime. Et plusieurs marques ont déjà pris les devants.

Brexit

Ca y est. Le Brexit est entré, depuis la nuit de vendredi à samedi dernier dans sa phase effective. Mais si la sortie de l’Union est actée, la manière de l’entériner, et surtout ses conséquences, sont loin d’être validées et doivent faire l’objet de négociations entre Londres et Bruxelles qui pourraient durer plusieurs années. Or, l’automobile reste l’une des principales industries du pays. Si le Royaume-Uni ne dispose plus de marques propres (Jaguar et Land rover sont aujourd’hui aux mains du groupe indien Tata), le pays conserve de nombreuses usines. Il est aussi un gros importateur de voitures fabriquées à l’étranger. Il s’y vend chaque année, peu ou prou, près de 2,3 millions, soit un chiffre plus élevé qu’en France. Aujourd’hui plus que jamais, les constructeurs qui disposent d’unités de production sur le sol anglais sont dans l’expectative, comme le sont les importateurs et les distributeurs dans le pays. Quelles taxes seront appliquées dans l’avenir aux autos fabriquées en Grande-Bretagne et vendues dans l’Union ? Quelles taxes seront appliquées à celles qui entrent dans le pays aujourd’hui séparatiste ? Autant de questions qui risquent de peser lourd dans les prochains mois et dans les prochaines années.

Brexit : des freins sur les investissements

Certains constructeurs, entament d’ores et déjà leur cure d’amaigrissement anglaise. Ainsi, le japonais Nissan a mis en place un moratoire sur les investissements qu’il comptait réaliser dans son usine de Sunderland qui fabrique le Qashqai et Carlos Ghosn a menacé, du temps qu’il était président de la marque, de fermer purement et simplement ses unités anglaises en cas de Brexit dur. C’est d’ailleurs ce qu’un autre Japonais s’apprête à faire. Honda a annoncé la fermeture de son usine de Swindon dès 2021. Quant à Jaguar-Land Rover, il compte supprimer 4 500 emplois dans ses usines historiques. Reste que cette décision n’a rien à voir avec le Brexit : elle est le fruit des lourdes pertes enregistrées par le constructeur au cours des deux années passées. Les deux marques ont vu leurs ventes baisser en Chine, comme celles de l’ensemble des constructeurs, mais aussi en Europe ou les immatriculations de Jaguar, comme celles de land Rover, sont principalement liées à de lourds SUV, tous soumis au malus. Et le seul I-Pace, le crossover Jaguar électrique, ne saurait suffire à assurer les beaux jours du groupe tout entier.

La nouvelle Mini retardée

Autre marque anglaise, Mini est aujourd’hui aux mains de l’Allemand BMW. Mais ses usines, comme son centre de recherches & développement se trouvent toujours de l’autre côté de la Manche. Or, il est temps pour la Mini actuelle de se renouveler, comme c’est le cas tous les 6 ans depuis 1997, lorsque la nouvelle petite anglaise est apparue. Mais selon une dépêche de l’agence Reuters, la sortie du futur modèle pourrait bien être retardée. Concevoir une nouvelle auto coûte cher, en l’occurrence pour l’Anglaise, près d’un milliard d’euros. Or, cet argent, la maison-mère BMW, souhaiterait l’investir ailleurs. Évidemment, dans ce cas, comme dans celui de Jaguar-Land Rover, le Brexit pourrait n’être qu’un prétexte. Car Mini n’est pas dans une période de grande forme.

Brexit : quelle homologation future ?

Mais les usines et leur survie ne sont pas les seuls problèmes soulevés par le Brexit. La sortie de l’Union risque également d’amener des problèmes de mise en conformité des véhicules. Aujourd’hui, une voiture homologuée dans n’importe quel pays de l’Union peut être vendue dans l’ensemble des pays d’Europe, y compris l’Angleterre. Qu’en sera-t-il demain ? les constructeurs redoutent d’avoir à subir une homologation particulière pour distribuer leurs autos en Angleterre, ce qui en élèvera le coût. Ce qui rendra plus chères, les autos vendues Outre-Manche et risque de faire baisser leur chiffre d’affaires, faute d’attractivité.

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