Actualité Auto

Baromètre Mobilités & Entreprises : ifop 2021

Blog Vivacar » Baromètre Mobilités & Entreprises : ifop 2021
barometre-mobilite-ifop-2021

Temps de lecture estimé : 5 minutes

Sommaire de l’article

Malgré un environnement politique et fiscal peu favorable, la voiture est de retour en 2021 ! C’est la petite surprise que nous réserve la nouvelle mouture du Baromètre Mobilités & Entreprises réalisé par l’Ifop pour Alphabet France. En effet, après une baisse ces dernières années, une écrasante majorité d’actifs français préfèrent à nouveau utiliser leur voiture dans leurs trajets professionnels et domicile-travail. La crise du Covid 19 est sans doute passée par là. Mais pas seulement. Voici les grandes tendances du Baromètre de l’Ifop.

La voiture, toujours essentielle pour le français

Le premier enseignement du Baromètre Mobilités & Entreprises de l’Ifop est net et sans bavure : les Français reprennent leur voiture pour effectuer leurs déplacements. En baisse ces dernières années, cette tendance a probablement été relancée par la crise sanitaire. Retour de l’ancien monde ? Peut-être pas. Mais alors que les transports en commun sont moins empruntés, la voiture individuelle retrouve un incroyable dynamisme : aujourd’hui, 76% des actifs Français utilisent leur voiture pour aller travailler.

Bien sûr, la tendance n’est pas la même selon l’endroit où l’on vit. Ainsi les Français vivant dans les agglomérations de moins de 100 000 habitants utilisent davantage leur voiture (85%) que ceux qui vivent dans les grandes villes. De la même manière, les actifs qui ne circulent qu’en zone urbaine sont moins nombreux à utiliser la voiture (62%) pour effectuer leurs trajets domicile-travail et leurs déplacements professionnels. Sans surprise, la voiture est beaucoup moins présente en région parisienne avec seulement 49% d’utilisateurs contre 52% en 2020.

2021, une année particulière  selon le baromètre ifop

Le nouveau Baromètre de l’Ifop intervient dans un contexte particulier. Cette année 2021, comme 2020, a été marquée par la crise sanitaire qui a eu pour conséquence de pousser de nombreux Français à modifier leurs habitudes de travail et leur mobilité.

En effet, depuis le début de la pandémie, 32% (28% en 2020) des actifs ont modifié leurs habitudes de travail : 11% (12% en 2020) ont des horaires décalés, et 20% (15% en 2020) pratiquent désormais ou pratiquent davantage le télétravail. Parmi eux, 12% (17% en 2020) sont en télétravail tous les jours ou presque, 20% (20% en 2020) 3 à 4 jours par semaine, 41% (34% en 2020) 2 jours par semaine, 16% (15% en 2020) 1 jour par semaine, et 11% (14% en 2020) le pratiquent de manière exceptionnelle.

Évidemment, cette évolution des habitudes de travail a eu des conséquences sur la mobilité : 10% (12% en 2020) des Français interrogés par l’Ifop ont modifié leur manière de se déplacer pour leurs trajets domicile-travail et leurs déplacements professionnels. 

Le Baromètre Mobilités & Entreprises constate que désormais, parmi ces derniers, 26% utilisent une voiture personnelle ou de fonction (42% en 2020). Le nombre élevé de nouveaux utilisateurs de voitures l’année dernière peut expliquer la hausse de 4 points enregistrée concernant l’utilisation d’une voiture pour se rendre au travail entre 2019 et 2020. Ils sont 34% à pratiquer la marche à pied (31% en 2020), 25% à utiliser un vélo (23% en 2020), 15% prennent désormais les transports en commun (17% en 2020).

A noter que 62% (64% en 2020) des personnes ayant modifié leurs habitudes de déplacement professionnel l’ont fait sur initiative personnelle – principalement pour des raisons écologiques (45%) ou économiques (43%) – et 33% (32% en 2020) à l’initiative de l’employeur.

Moins de 10 heures par semaine dans sa voiture

Autre partie intéressante du Baromètre de l’Ifop, le temps de trajet et la distance domicile-travail. Or, comme l’année dernière, cette dernière est de 19 kilomètres. Précisément, elle est inférieure ou égale à 20 kilomètres pour 64% des travailleurs. La durée moyenne du trajet domicile-travail, quant à elle, est de 24 minutes. Elle est même de moins de 20 minutes pour 59% des répondants et dépasse les 30 minutes pour 23% des personnes interrogées. Au demeurant, 91% des actifs français passent moins de 10 heures par semaine sur le chemin du travail et 54% des sondés passent moins de 10 heures par semaine en déplacements professionnels hors trajets domicile-travail.

Selon l’Ifop, 57% circulent majoritairement (17%) voire uniquement (40%) en zone urbaine pour effectuer les trajets domicile-travail, et 25% majoritairement (14%) voire uniquement (11%) en zone rurale. « La majorité de ceux qui effectuent des trajets domicile-travail de 10 minutes ou moins circulent uniquement en zone urbaine (48%) ou rurale (26%). Les durées augmentent dès lors que les sondés partagent leur trajet entre zones urbaine et rurale », remarque l’institut de sondage.

Un impact évident sur le bien-être au travail

Là encore ce ne sont que des tendances moyennes. Et bien entendu, les résultats diffèrent selon les régions. Même si l’écart selon la taille de l’agglomération observé les années précédentes tend à se réduire. En effet, dans les agglomérations de 100 000 habitants et plus, le temps de trajet domicile-travail moyen est supérieur à 30 minutes pour 25% des personnes interrogées (32% en 2020). Ce chiffre est de 21% pour les personnes venant d’agglomérations de moins de 100 000 habitants (18% en 2020).

Tout ce temps passé à se déplacer a une incidence sur le moral des actifs. L’Ifop relève que 24% des actifs sondés estiment que la mobilité liée à leurs déplacements dans le cadre du travail a un impact négatif sur leur qualité de vie au travail.

En cause : la perte de temps (65%), le stress lié à une fréquentation accrue (50%), le manque de ponctualité 37%), le manque de confort (24%) et le manque de linéarité (21%).

Demain : quelle mobilité ?

Le Baromètre Mobilités & Entreprises de l’Ifop se risque à la prospective. Il est ainsi fort intéressant d’apprendre qu’un Français sur trois estime que les véhicules les plus utilisés pour effectuer les trajets domicile-travail et les déplacements professionnels en 2030 seront en majorité des véhicules thermiques fonctionnant à l’essence (14%) ou au diesel (16%). 25% misent tout de même davantage sur une majorité de véhicules électriques et 24% sur des véhicules hybrides.

Enfin, 5% pensent que les véhicules les plus utilisés en 2030 fonctionneront à l’hydrogène. Et 5% que les routes seront majoritairement empruntées par des véhicules autonomes…

Anne-Charlotte Laugier, journaliste, blogueuse et romancière (Ramsay).