L’Ademe confirme l’intérêt écologique du rétrofit

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise des énergies (Ademe) publie une étude sur le bien-fondé écologique du rétrofit électrique. Mais le modèle économique reste à inventer…

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Le rétrofit, c’est-à-dire la conversion de véhicules thermiques en motorisation électrique à batterie, constitue à n’en pas douter une alternative crédible à la fabrication et l’achat d’un véhicule électrique neuf. D’autant plus que depuis tout juste un an, cette transformation du moteur traditionnel en électrique est absolument légale en France. C’est une solution qui permet de diminuer considérablement les gaz à effets de serre, encore plus que l’achat d’un véhicule électrique neuf. L’Ademe vient de se pencher sur le sujet et publie une étude sur les conditions nécessaires à « un rétrofit économe, sûr et bénéfique pour l’environnement ».

Trois scénarios pour l’Ademe

L’étude évalue trois scénarios alternatifs qui se présentent pour un acteur possédant un véhicule diesel : première option, continuer à utiliser son véhicule diesel ; deuxième option, le revendre et acheter un véhicule électrique neuf ; et troisième option, le rétrofiter. Sans surprise, l’étude démontre que c’est le rétrofit électrique qui constitue la meilleure solution pour répondre aux enjeux de qualité de l’air et climatique en limitant les émissions de gaz à effet de serre ou de polluants et en réduisant du coup l’usage des matières premières. Bien sûr, quand un rétrofit est possible sur une voiture, cette option présente toujours une baisse supplémentaire des émissions par rapport au choix de l’achat d’un véhicule électrique neuf. Pourquoi ? Tout simplement parce que cette formule permet le réemploi de la « carcasse » de véhicules thermiques déjà en circulation. Par rapport à un véhicule électrique neuf, il évite ainsi la fabrication d’un nouveau planeur et les émissions de gaz à effet de serre associées.

Rétrofit : la solution la plus écolo

Selon l’Ademe, la conversion en électrique des citadines permettrait de réduire de 66% les émissions de CO2 par rapport au scénario de conservation du véhicule diésel et de 47% par rapport au scénario d’achat d’un véhicule électrique neuf. En ce qui concerne le rétrofit des autobus, l’impact sur les émissions de GES serait de – 87% d’émission de CO2 par rapport au scénario de conservation du véhicule diesel et – 37% par rapport au scénario d’achat d’un véhicule électrique neuf. Bref, pour l’Ademe , ce serait la solution idéale pour les flottes d’autobus des collectivités.

Un modèle économique incertain selon l’Ademe

Néanmoins, face à un secteur du véhicule électrique neuf bien structuré et un marché de l’occasion de plus en plus fort, le modèle économique de la filière du rétrofit reste incertain. « En effet, si le développement des ZFE pourrait à court terme être un catalyseur de ce marché, l’objectif d’interdiction de vente des véhicules avec carburants fossiles à horizon 2040 limite les perspectives de retrofit sur le long terme », tempère l’Ademe, qui préconise de cibler les catégories de véhicules à développer. En analysant les coûts complets du retrofit sur les différents segments de marché, l’étude montre que la pertinence économique du retrofit est nettement meilleure pour les véhicules lourds, notamment les autobus, que pour les citadines.

Trop cher pour les citadines ?

Dans le cas d’une citadine, le retrofit coûte presque aussi cher, en coût complet au km, que l’achat d’une voiture électrique neuve. En revanche, dans le cas d’un autobus, le retrofit coûte au contraire à peine plus cher, en coût complet, que de continuer à rouler avec le véhicule diesel, alors que l’achat d’un bus électrique neuf coûte près de 50% plus cher que le retrofit. L’étude de l’Ademe confirme l’intérêt des opérations de rétrofit sur le plan environnemental (gaz à effet de serre et polluants). Dans le parc de véhicules en circulation, les véhicules lourds semblent être ceux sur lesquels le modèle économique est le plus favorable.